En route pour le Mont, Edmond !

J’aime assez les escapades impromptues, décidées à la va-vite autour d’un verre de rouge lors de soirées animées. Ce qu’il y a de bien dans ce genre de projet, signé sur le coin d’une table, l’esprit mi-fumeux, mi-alcoolisé (l’abus d’alcool est dangereux pour la santé !) c’est que l’on ne prévoit rien. A vrai dire, on se laisse guider par l’envie de cerner, de comprendre ou juste de simplement découvrir un lieu et au petit matin, l’esprit encore embué par les paris tenus la veille, on découvre les surprises que la nature avait oublié de nous souffler à l’heure du départ.

Ça avait commencé un peu comme ça, je crois:

« – Quoi tu n’as jamais vu le Mont Saint-Michel ? Mais c’est seulement à quelques kilomètres d’ici ! Il faut avoir vu le Mont Saint-Michel, enfin quand même !!

– Ah oui ?! Tu connais bien les lieux, tu me ferait visiter ?

– Ben évidemment, quand tu veux !

– Ok, demain, 6h devant chez toi ? »

Je crois que c’est ce que je préfère dans le fait d’être encore étudiante: on est libres, sans contraintes ou presque et imperturbablement prêts à dévorer le monde avec un sac à dos, une misère en poche et une paire de Stan Smith. On croque la vie à pleines dents, on envoie bouler la fatigue et avec un appareil photo, un peu de joie de vivre, de folie, et cet incontrôlable désir, on vit à cent à l’heure. C’est pour cela que, récemment rentrée d’un joli week-end au Mont Saint-Michel, j’avais une folle hâte de partager ce petit voyage avec vous.

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Le Mont Saint-Michel, c’est un lieu mythique, un endroit splendide que l’on croise souvent au détour des magazines, un lieu qui m’a toujours faite rêver. Cet îlot flottant à l’horizon de Cancale, presque perdu dans un désert de sables mouvants et qui quelques fois seulement dans l’année se retrouve inaccessible et pleinement entouré par les flots.

Plus de 3 millions de visiteurs s’y succèdent par an, et c’est le troisième site touristique le plus visité de France. Sachant cela, nous avions quitté Rennes, très tôt le matin. Ironie du sort, nous ne le savions pas encore, mais c’était un week-end de grandes marées. Il y a quelque chose d’incroyablement magique dans ce phénomène : les marées sont dues à l’action des astres, principalement la lune et le soleil. Lorsqu’ils sont alignés avec la terre (on dit des astres qu’ils sont en syzygie), les attractions s’ajoutent, et on dit que l’on est en « vives-eaux », cela correspond aux périodes de fortes marées ; au contraire si les astres forment un angle droit (astres en quadrature) les attractions s’atténuent, on est en « mortes-eaux », cela correspond aux périodes de faibles marées.

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Dans la baie du Mont-Saint-Michel, le Rocher se trouvant au fond de la baie, la mer en période de « mortes-eaux » ne l’atteint pas. Par contre, lorsque l’on est en période de « vives-eaux », la mer atteint le Mont. La nature reprend ses droits et on voit le Mont-Saint-Michel redevenir une île.

C’était Spectaculaire ! J’ai découvert des paysages époustouflants, dépaysants au possible. Je n’avais parfois même plus l’impression d’être en Normandie. L’air avait cette odeur iodée, la brise légère venait caresser nos visages, la mer révélait au monde la complexité de ses nuances bleutées… tandis que les goélands traçaient dans le ciel matinal des arabesques immensément poétiques.

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Le Mont Saint Michel, c’est un endroit parfait pour se ressourcer, jeter ses états d’âmes par les fenêtres, se vider l’esprit et repartir la tête pleines de projets nouveaux. Depuis la construction du nouveau barrage, de nouvelles espèces d’oiseaux jusque là disparues commencent à refaire surface et c’est les yeux ébahis que l’on découvre la faune et la flore de la baie s’activer au petit matin dans cet environnement préservé écologiquement. Un véritable bonheur !

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Après un petit-déjeuner copieux, englouti sur le pouce, nous observons des étoiles pleins les yeux, la baie s’immerger. Peu à peu nous découvrons cette sensation de nous écarter de la terre tandis que le Mont Saint Michel retrouve son identité insulaire. Un spectacle magnifique, un isolement physique et métaphysique qui nous rapproche petit à petit de l’histoire de ce Mont au travers des époques. Bercés par le bruit des vagues nous arpentons les ruelles de ce majestueux rocher jusqu’à l’abbaye pour une pause historique bien méritée.

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En 708, l’Archange Saint Michel apparaît à l’Evêque Aubert et lui ordonne de construire un sanctuaire sur le mont Tombe îlot rocheux au milieu d’une baie immense tout autour des grandes marées du monde. C’est ainsi que naît le Mont Saint-Michel. Pendant 1000 ans vont se succéder des constructions architecturales époustouflantes qui feront de ce lieu ce qu’il est resté aujourd’hui.

Avant abbaye

Le Mont devient un lieu de pèlerinage unique et un incontournable de l’histoire de France. A présent, le Mont est classé au titre des Monuments Historiques en 1874 et est ainsi inscrit depuis 1979 au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. On y croise aujourd’hui encore une communauté mixte de moines et moniales, la Fraternité monastique de Jérusalem.

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L’abbaye se divise en deux parties : l’Abbatiale et la Merveille, auxquelles on accède par l’escalier Grand-Degré qui permet de se faufiler entre les hauts murs imposants de ces lieux chargés d’histoire.

Avant de pénétrer dans l’enceinte de l’abbaye, le parvis offre une vue incroyable sur la Baie. On aperçoit les côtes bretonnes, avec notamment le Mont-Dol qui se détache à l’horizon, sous le regard de l’archange Gabriel qui trône au sommet de la flèche.

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La Merveille est la partie qui accueillait les salles dédiées à la vie monastique, situées sur le côté nord de l’abbaye. Construite au XIII° siècle, elle se répartie sur 3 niveaux. La visite commence par la partie supérieure dans laquelle se trouve le cloître. Des arches s’ouvrent sur la Baie, captivant ainsi les visiteurs hagards qui déambulent dans ce lieu de méditation.

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En prolongement du cloître se trouve l’impressionnant réfectoire, dans lequel on imagine aisément les scènes de vie autour des longues tables de repas.

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En passant au niveau inférieur, on passe par la Salle des Hôtes avant de pénétrer dans la Salle des Chevaliers, tout aussi impressionnantes que celle qui la surplombe avec leurs imposants piliers et leurs volumes incroyables.

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Le Cellier et l’Aumônerie se trouvent quant à eux dans la partie inférieure de la Merveille. Ces deux salles sont aujourd’hui les parties d’accueil des visiteurs et se découvrent entre étroits couloirs et escaliers escarpés.

L’abbatiale a elle aussi quelque chose de tout à fait inédit. Dès le XI° siècle, le nombre de pèlerinages augmentant considérablement, l’abbaye s’agrandit en une nouvelle église de style romane. Située au même niveau que le cloître et le réfectoire, elle se trouve tout en haut de l’abbaye, sur le sommet du rocher. De mauvaises consolidations et un incendie ont  quelque peu modifié son aspect originel mais l’église conserve malgré tout sa grandeur. La lumière qui jailli des vitraux donne au lieu un charme incroyablement particulier.

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Après deux bonnes heures de visite à l’intérieur de l’abbaye, nous nous décidons à tester une adresse bien connue : le restaurant de la Mère Poulard. Fondé en 1888, ce restaurant est devenu un incontournable du Mont Saint-Michel.

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Annette Poulard, la célèbre cuisinière du Mont, servait au pèlerins dans son auberge, la fameuse omelette cuite au feu de bois. Née en 1851, Annette a une vingtaine d’années lorsque le Mont s’ouvre à nouveau au monde après avoir été une prison redoutée depuis la Révolution française de 1789. Annette épousera le fils du boulanger du Mont, qui l’accompagnera fidèlement tout au long de sa vie en conciliant amour de la cuisine et amour du Mont.

Le cadre est hyper joli, le spectacle des cuisiniers s’affairant dans une cuisine ouverte en tenue d’époque l’est aussi mais à 35 euros la formule la moins chère, il y a de quoi grincer des dents. L’omelette nature est à 25 euros pour 4 oeufs battus… A ce prix là, nous avons choisi d’en prendre une à partager pour deux (budget étudiant oblige). Alors oui, elle est bonne, légère et divinement mousseuse mais bon, vu la marge qu’ils doivent se faire sur les oeufs, on s’est dit que bon, il ne fallait pas non plus pousser mémé dans les orties !

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Nous avons ensuite profité de l’après-midi pour nous promener dans les ruelles et prendre quelques photos au milieu des vieilles pierres, des maisons presque millénaires et des goélands en faisant le tour des remparts.

C’est ainsi que l’on bénéficie d’une magnifique vue sur la baie, et d’un bon aperçu de la grandeur du Mont-Saint-Michel. On accède de plus aux différentes tours : la tour Gabriel, la tour des Pêcheurs, la tour du Roy, la tour de l’Arcade, la tour Denis, la tour Beatrix (ou de la Liberté), la tour Cholet, la tour Basse, la Demi-Lune, le Bastion de la tour Boucle et enfin, la tour du Nord… De quoi rapporter quelques jolis clichés.

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C’est galvanisés par l’air iodé du Mont Saint-Michel et ces quelques paysages magnifiques que nous sommes repartis, au milieu des prés-salés de la baie et laissant derrière nous le soleil couchant éclairer une dernière fois le rocher avant la tombée de la nuit. Sublime journée.

Chausse tes baskets, enfile ta casquette de capitaine, prends ton ciré et hop, en route pour le Mont, Edmond !

 

Le Déo Homemade c’est cool, aisselle !

Aisselle… Essaye… Ça y est tu l’as ?! Ouiiiii, c’est drôôôle ! Oh bôh on fait chacun avec nos capacités hein ! Bon. Plus sérieusement…

Pendant longtemps, des années pour être franche, j’ai cherché le parfait déodorant. Sans succès. Je ne vous mens pas, j’ai tout essayé : les antisudorifiques aussi appelés anti-transpirants, les déodorants (sans aluminiums), les pierres minérales, etc. Pas parce que je refoulais des aisselles (tel le cadavre d’un coyote en décomposition sur la route 66 en plein mois d’Août), mais plutôt parce qu’après un certain temps, mon corps s’habituait au produit et celui-ci arrêtait de fonctionner.

Résultat des courses, je me retrouvais à multiplier les déos, à collectionner les gammes afin d’être en mesure d’alterner toutes les deux semaines. Ça n’était ni minimaliste, ni économique, ni zéro déchet… Et je crois que ça a été encore pire lorsque j’ai décidé d’enrayer complètement l’usage des antisudorifiques.

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Je devais non seulement alterner encore plus régulièrement, mais aussi réappliquer du déodorant 2 voire 3 fois par jour… Sans compter que certains ne fonctionnaient tout simplement pas: l’horreur !

Le jour où j’ai compté 6 tubes de déodorants dans ma salle de bain, j’ai toussoté façon « Ah hem ! Ça va pas continuer comme ça ! » et j’ai commencé à chercher des petites solutions…

Le déodorant qui a changé ma vie en fait, c’est une recette maison de trois petits ingrédients que j’ai découverte complètement par hasard, sur un site américain nommé Wellness Mama (MA Bible 2.0), et que j’ai continué d’adapter à mes besoins au fil du temps. Comme dans la vie, je pars souvent du principe que « qui ne tente rien n’a rien », surtout depuis que je me suis lancée dans ma démarche Zéro Déchet, même si ça me mène parfois à des expériences plutôt douteuses, je me suis dit que j’allais tenter et que peut-être « sur un malentendu »… Tu connais la suite.

En plus, non seulement la recette ne contenait que des ingrédients naturels, mais en bonne Zero Waste Addict, j’avais déjà tous les ingrédients en ma possession. Techniquement, on pourrait même aller jusqu’à dire que ce déodorant est comestible… je pose ça là… si quelqu’un a un petit creux ou rêve secrètement de s’en beurrer des tartines!

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Voici donc les ingrédients miracles:

  • 6 c. à s. (90 ml) d’huile de noix de coco
  • 1/4 tasse (60 ml) de bicarbonate de soude
  • 1/4 tasse (60 ml) de fécule de maïs ou arrow-root
  • huiles essentielles (facultatif)

+ 1 petit pot en verre (en verre c’est mieux). Comme l’huile de coco fond à la chaleur, je vous déconseille de couler cette recette dans un tube, pour éviter les mauvaises surprises (comme de retrouver son déo naturel déversé sur le dernier TD à rendre…) ! Vécu. Ne riez pas, merci !

Au sujet des huiles essentielles, le choix est plutôt large. A titre tout à fait perso, je vous conseille de faire le choix d’au moins l’une ou l’autre de ces deux huiles essentielles qui sont réputées pour contrôler les odeurs corporelles. Il s’agit des huiles essentielles de Palmarosa (Cymbopogon martinii v.motia) et/ou de Sauge sclarée (Salvia sclarea). Ça, c’est disons, la base de la base. Après, si comme moi, vous aimez bien changer régulièrement de routine ou d’odeurs voici la liste non-exhaustive de mes combinaisons préférées:

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Avec l’Huile essentielle (HE) de Palmarosa comme base (4 gouttes suffisent):

  • HE de Palmarosa + Géranium Rosat
  • HE de Palmarosa + Ylang ylang + Calendula
  • HE de Palmarosa + Ylang ylang + Cèdre
  • HE de Palmarosa + Cèdre + Genévrier

Avec l’Huile essentielle de Sauge comme base (4 gouttes suffisent):

  • HE de Sauge + Rose + Vanille
  • HE de Sauge + Lavande
  • HE de Sauge + Citron + Lavande
  • HE de Sauge + Bergamote + Citron

Psssssssst !! Le mélange « Sauge, Citron, Lavande » est une petite tuerie !

Allez Albert, on noue son tablier, on retrousse ses manches, on se lave bien les mains, et c’est parti :

  1. Dans un bain-marie, faire fondre l’huile de coco.
  2. Une fois fondue, ajouter les « poudres », les huiles essentielles et bien mélanger.
  3. Versez votre Déo dans un petit contenant, le placer au frigo pour le faire figer plus rapidement (question que l’huile et les « poudres » ne se séparent pas) et hop !

Conserver à température pièce et appliquer sous les aisselles avec les doigts.

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J’en profite pour ajouter que certaines recettes proposent une version « été », l’idée c’est de mettre de la cire d’abeille en plus pour que le déodorant soit plus solide. SAUF QUE: la cire d’abeille, ça a tendance à tâcher les vêtements blancs à force et que l’on n’aime pas tous avoir d’immondes tâches jaunes sous les aisselles comme cet affreux prof de chimie crado que j’avais en 4e … VADE RETRO ! Donc ben, ça peut t’intéresser, enfin, sauf si tu es gothique biensûr !

Bref, si tu essayes l’une de mes petites versions n’hésites pas à me faire un retour, ça me fait toujours plaisir ! D’ailleurs même si tu as une recette qui diffère de la mienne ou que tu fais d’autres mélanges d’huiles essentielles, je serai ra-vie de savoir ça, je suis toujours un peu en quête de nouvelles inspirations !

Allez, bonne tambouille José !

Une ruine, des plâtres: le musée David d’Angers

Il existe un milliard de raisons d’apprécier la douceur angevine chère à Joachim du Bellay. L’une d’elle, c’est à mon sens le cadre de vie: cette alliance parfaite entre le tuffeau et l’ardoise, l’architecture moderne qui cohabite dans l’ancienne, la jeunesse qui foule le sol des musées, des expositions, des galeries parce qu’à moins de 26 ans ici, on ne paye pas son entrée. Fin de la page de Publicité. Oui oui, dès que l’on me parle d’Angers, le chauvinisme revient au galop…

N’empêche que la galerie David d’Angers est l’un des plus beaux musées français consacrés à la sculpture. Installé dans les ruines d’une ancienne église, dont les murs ont été couverts d’une toiture de verre, il présente l’œuvre du plus célèbre artiste que la ville ait donné à la France: David d’Angers. Portraitiste talentueux, sculpteur prolifique, il a réalisé au cours de sa carrière non moins de 700 statues et médaillons.

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Pierre-Jean David naît à Angers en 1788. Son père est sculpteur-ornemaniste et c’est auprès de lui que Pierre-Jean fait son premier apprentissage. Élève à l’école de dessin d’Angers, il est remarqué pour son talent : grâce à une bourse d’études, il peut poursuivre ses études à Paris, où il devient le protégé du peintre David (promis, aucun lien de parenté entre les deux !). Par contre, son parcours est très vite exemplaire : en 1811, quatre ans seulement après son entrée à l’École des Beaux-Arts, il remporte le prix de Rome qui lui ouvre les portes de l’Italie.

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Son séjour de quatre ans à la Villa Médicis sera une étape décisive dans sa formation. Au contact des antiques, il formera son goût, perfectionnera sa technique et à son retour en France, PAF ! Les grandes commandes se succèdent : il réalise de nombreux monuments publics, comme la Statue de Gutenberg pour la ville de Strasbourg, le Grand Condé pour le pont Louis XVI (actuel pont de la Concorde) à Paris, Jean Bart pour la ville de Dunkerque…

David d’Angers, c’est un peu aussi le mec qui avait créé le Panthéon avant l’heure. D’ailleurs, toute son oeuvre est orientée autour de l’idée de la glorification des grands hommes et cela s’illustre particulièrement dans la galerie de portraits qu’il a réalisée.

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En plus d’être un excellent physionomiste, David d’Angers représentera par centaines ses contemporains en buste ou en médaillons. Si la plupart des oeuvres résultent de commandes, la plupart restent néanmoins des hommages personnels, motivés par l’admiration qu’il portait aux plus grands esprits de son temps. Dans le Panthéon personnel de David d’Angers, on trouvera d’ailleurs Victor Hugo, Armand Carrel, Goethe, Niccolo Paganini…

Des portraits saisissants de vérité, enregistrant les moindres caractéristiques du modèle. D’ailleurs, petite anecdote: David d’Angers, s’est beaucoup intéressé à la phrénologie, une « science » très très à la mode au début du XIXe siècle, qui consistait à déduire le caractère des hommes à partir des formes de leur crâne. Aussi n’hésitait-il pas à palper ses modèles et à accentuer les protubérances crâniennes pour mettre en avant leurs qualités morales. Imaginez trente secondes le mec tâter le ciboulot de Victor Hugo…

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Le choix des personnages dont il décide de faire le portrait reflète aussi la sensibilité politique du sculpteur qui est un fervent républicain. L’artiste n’hésitera d’ailleurs pas à refuser les commandes de personnages illustres qui vont à l’encontre de ses convictions personnelles.

Dans les années 1830, il s’illustre en imposant les personnalités représentées sur le fronton du Panthéon (lui qui en rêvait tant de son Panthéon !), ce qui lui vaut de s’attirer le courroux du pouvoir, mécontent de voir apparaître quelques personnages de l’opposition. La sculpture sera installée sans inauguration et plus jamais la direction des Beaux-Arts ne fera appel à lui.

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Reconnaissant envers sa ville pour le soutien qu’elle lui a apporté dans sa jeunesse, l’artiste enverra régulièrement ses plâtres d’atelier à Angers, où ils enrichiront les collections du musée. Servant de modèles aux œuvres originales en marbre ou en fonte, les plâtres d’atelier étaient normalement destinés à être détruits. Après la mort de l’artiste, en 1856, la famille du sculpteur offre à la ville une grande partie de son fonds d’atelier. C’est ainsi que les musées angevins se trouvent à la tête de la plus importante collection d’œuvres de David d’Angers : 250 plâtres, 3900 dessins, 700 médaillons…

Depuis 1984, cette collection est donc présentée dans un écrin exceptionnel, qui fait tout le charme du musée : l’ancienne abbatiale Toussaint. Une église gothique, qui appartenait à l’une des abbayes les plus puissantes de la ville. À la Révolution, l’église est confisquée. Faute d’entretien, elle se dégrade rapidement, et en 1815, ses voûtes s’effondrent. Pendant près d’un siècle et demi, les ruines resteront en l’état, avant qu’un ambitieux projet de restauration ne soit proposé. Celui-ci consistera à couvrir les murs d’une toiture de verre, qui baigne la nef d’une belle lumière dorée et met remarquablement en valeur les plâtres de l’artiste.

Foncez !

Cap sur Saint-Malo, la cité corsaire !

Petite, je me disais déjà qu’un jour, lorsque je serai grande et que j’aurai un job si bien rémunéré que je serai imposable à l’ISF (oui oui, on y croit !), j’achèterai un immense loft de rêve à Saint-Malo intra-muros… Depuis le temps, mon amour n’a fait que croître pour cette cité corsaire au caractère bien trempé et au charme fou.

Que l’on soit enfant ou adulte, à Saint-Malo, cette impression de pérégriner sur cet immense terrain de jeu restera toujours aussi immuable: bien à l’abri derrière les remparts qui donnent un peu l’impression de pénétrer dans une forteresse imprenable recelant des trésors cachés, on découvre tout un réseau de petites rues étroites et pavées, très animées et commerçantes, et des bâtiments à l’architecture remarquablement conservée. Armateurs, pêcheurs, écrivains, tous semblent encore présents en ces murs et continuent d’animer la ville et ses alentours, Saint-Malo a cette capacité magique de pouvoir nouer histoire et imaginaire, passé avec présent, le rusticité des murs avec le raffinement de ce cadre de vie…

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L’intra-muros, c’est « petit, mais puissant » comme dirait cette bonne vieille Pub Skip. En fait, une fois que l’on a assimilé le nombre de portes qui permettent d’entrer dans la ville et que deux grandes rues majeures la traversent de part en part, on peut y vagabonder des heures sans peur de se perdre. Pour prendre un peu de hauteur, on emprunte un des escaliers et hop, d’un coup d’un seul, on se retrouve sur les remparts, pour une balade qui vaut le détour.

Le petit miracle ? Ces plages qui sont littéralement adossées aux remparts et qui permettent de passer en deux temps trois mouvements, du shopping rue de Dinan à la plage du Bon Secours. On laisse tomber ses achats et ses soucis sur le doux sable malouin, on retrousse son jean et on fonce mettre les pieds dans l’eau. La mer, il n’y a que ça de vrai !

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Bref, tout ça pour dire qu’il y a peu de temps, je suis retournée dans cette ville et je me suis souvenue de tous les spots que j’adorais plus jeune. Le petit plus c’est que même en période estivale, on peut profiter de ceux-ci en continuant de se sentir privilégié, malgré le ramdam des touristes venus de la capitale pour fouler le sable malouin… Le secret c’est juste, tout simplement d’adopter le bon timing (et d’avoir un réveil). Alors, moussaillon, paré pour l’aventure ?!

9h00: Promenade sur la digue de Rochebonne

L’idée, pour avoir de jolis clichés type carte postale ou shooting de pro’ à Saint-Malo, c’est de profiter des petits matins. Pourvu que l’on y soit assez tôt, la lumière sera incroyable, quoi de mieux en plus que de shooter au milieu des façades des maisons bourgeoises malouines qui bordent la promenade ?! D’un côté Saint-Malo intra-muros, de l’autre la pointe de la Varde. J’adore le quartier de Rochebonne de bon matin, je trouve le lieu inspirant. Les touristes n’affluent pas à une heure si matinale et on ne retrouve que les habitués: les coureurs du dimanche, les retraités fanas des randos matinales qui profitent de la fraîcheur, des propriétaires de chiens… On a le sentiment d’assister au réveil de la ville et de commencer à voir s’agiter tout ce petit monde merveilleux.

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9h30: Balade sur la chaussée du Sillon

Juste au-dessus de la plage, encore extrêmement calme au petit matin, le Sillon est l’endroit bordé d’un immense mur de protection, sur lequel les impressionnantes vagues des grandes marées viennent se briser, un lieu qui a quelque chose d’inédit, de sauvage, et d’incroyablement mystérieux à la fois. En longeant ce fameux mur, on peut apercevoir les si typiques brises-lames de Saint-Malo.

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10h00: Arrivée à Saint Malo intra-muros

Au pied de la ville close, la ville est si calme au petit matin, les rues sont encore assez peu envahies de touristes, pendant que la ville se remplit doucement j’ai rendez-vous pour une pause café dans l’une des adresses malouines les plus emblématiques: « La Java Café », qu’ici on nomme plus communément le « Café du Coin d’en Bas de la Rue du Bout de la Ville d’en face du Port ». J’adore ce lieu: aussi merveilleux qu’incroyable, on ne sait plus trop où donner du regard, des milliers de détails continuent de nous surprendre. Ce café atypique est un voyage dans le temps: ambiance brocante pour les murs, bistrot des années 1800’s pour la casquette gavroche des serveurs, cour de récréation pour les balançoires qui servent d’assises face aux comptoirs: impossible de rester indifférent !

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11h00: Instant shopping dans les ruelles malouines

A Saint-Malo, il y a tout un tas d’enseignes bien connues, comme Saint James, ou Petit Bateau… et puis il y a aussi ces petites pépites « que l’on ne trouve pas ailleurs » et qui font le charme des ruelles de la ville intra-muros.

Des pépites comme Lostmarc’h, la petite boutique située 8 rue Sainte-Marguerite, « l’apothicaire des océans » qui vend des parfums mixtes, des senteurs pour hommes et femmes et des bougies inspirées des odeurs d’enfance du créateur.

Craquage assuré aussi dans la petite boutique Siliac, située au 10 rue de la Herse, où l’on trouve de magnifiques bijoux de créateurs d’une finesse incroyable et dont chaque modèle est l’interprétation d’une oeuvre d’art à part entière…

12h30: L’heure du déjeuner 

Comme l’heure du déjeuner approchait, j’ai pu aller tester la crêperie Grain Noir qui se trouve dans la même rue que la petite boutique Siliac. Le plus ? Des farines biologiques, des produits locaux, une déco cosy-trendy… L’impression d’être « un peu à la maison », la cuisine est un régal, le service est excellent et l’équipe est incroyablement sympathique et aux petits soins !

18h00: La plage du Bon Secours

La plage commence à se vider, les terrasses à se remplir et c’est l’heure idéale pour profiter du sable et de la piscine d’eau de mer, le soleil ne tape plus et l’eau est encore assez douce pour pouvoir aller se baigner en toute sécurité. On prolonge la soirée en attendant le coucher de soleil pour lequel on sera aux premières loges.

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Et vous ? Dites-moi tout ! Quels sont vos astuces pour évider la masse touristique et profiter de la ville à cette période ? Vos plus belles découvertes à Saint Malo ? Vos boutiques préférées ?

 

La Queen de la chine c’est toi !

Il fait beau, chaud, ça sent bon l’été et c’est le moment idéal pour faire de bonnes affaires de la manière la plus éco-friendly qui soit. Les brocantes, les vides-greniers, les braderies… Le principe génial c’est que l’on ne sait jamais sur quoi on va tomber, que ça coûte très peu cher et que chiner, c’est un plaisir qui grandit au fur et à mesure.

Avec l’arrivée de la tendance vintage, le vieux semble être devenu le nouveau beau et puis, qu’on se le dise: quel plaisir de trouver des pièces au caractère bien trempé, solides, aux finitions et aux matières de qualité, le tout, à prix doux ! Après tout, elles ont traversé une ou deux époques et ne connaissent pas l’obsolescence programmée… En chinant, on récupère, on fait un geste pour l’environnement, on s’investit dans une démarche économique plutôt saine et chouette et en plus on se fait plaisir. Du coup, je ne pouvais donc pas vous laisser comme ça, sans mes 10 conseils pour devenir la Queen -ou le King- de la chine. Attachez vos ceintures, ça va secouer les moumoutes !

Règle numéro 1: Confortablement sapé tu iras !

Un petit T-shirt BASIQUE l’été pour ne pas mourir sous la canicule. Un bon gros pull cosy pour avoir chaud l’hiver, un jean stretch pour s’accroupir facilement et des baskets pour enquiller les kilomètres… Par temps gris, un K-way à capuche, pas très classieux, je te l’accorde, mais certainement bien plus pratique qu’un parapluie lorsqu’il s’agit de se frayer un chemin parmi les badauds. Pour chiner il faut être bien dans ses fringues, à l’aise dans un truc qui ne craint pas, donc on opte pour quelque chose de simple, de basique. D’ailleurs oui à ce sujet: plus qu’être à l’aise, il ne faut JAMAIS porter de vêtements de marque lorsque tu chines, c’est vachement plus facile de négocier ensuite… Débarquer avec un sac Vuitton ou une chemise Ralph Lauren c’est un peu comme te balader avec une pancarte 6×2 mètres où serait écrit « Je suis un pigeon, arnaquez moi les gars ! ».

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Règle numéro 2: Ton équipement de chineur tu ménageras !

Rien de mieux qu’un bon vieux sac à dos, on y met tout un tas de petites choses auxquelles on peut avoir accès en 3 microsecondes et c’est la folie. Puis lorsque tu commences à acheter tu en dégaines le contenu ! Pour moi, dans un bon backpack de chine, on trouve généralement quelques essentiels comme:

  • Un grand sac en toile carré, style totebag (un format idéal pour les vinyles si tu es fana-fana !), et tout un tas de sacs genre cabas de courses, sac pliables et réutilisables… Ce serait dommage de repartir les mains vides par manque de contenants !
  • Une petite bouteille d’eau, parce que parler ça donne soif ! On négocie plus aisément lorsque l’on n’a pas une haleine de chameau. Chiner doit avant tout rester un plaisir !
  • Un petit paquet de lingettes pour nettoyer ses mimines grisâtres… Comme ça, on ne se rend pas trop compte mais on déplace généralement des kilos de poussière et probablement même le tétanos en manipulant des vieilleries. Du coup, avoir les mains toutes proprettes, ça coûte pas grand chose et puis ça fait toujours du bien au moral de ne pas se sentir cracra.
  • De quoi emballer vos merveilleuses trouvailles fragiles (journaux, papier bulles, ruban adhésif, ficelle…), les vendeurs n’en ont avec eux que très rarement et arriver chez toi et découvrir ton mug hyper original et unique chiné dans l’aprem en millions de petits débris insignifiants, c’est triste !

Nb: J’ai des amis chineurs (les dingos de la brocante), qui eux, optent pour le caddy de marché de Mamie Josette qu’ils trouvent plus pratique pour entreposer leurs trésors en toute sérénité… Ca me semblait important de le mentionner, chacun son style ! Je préfère le sac à dos pour la praticité lorsqu’il y a foule…

Règle numéro 3: De la monnaie de 1 et 2 euros, en amont, tu accumuleras

Eh oui Roger ! Ce serait trop bête de passer à côté d’une bonne affaire sous prétexte d’avoir à aller retirer de l’argent au distributeur du coin, distributeur que tu as mis trois heures à rejoindre à cause de la foule, de Gérard qui avait oublié son code, de Simone qui s’est faite bloquer sa carte… de l’emplacement du-dit stand que tu as oublié de géolocaliser… Bref quand tu achèves le parcours du combattant, ton précieux a disparu… Oui. C’est affreusement triste ! Donc écoute moi petit Roger, dans les jours qui précèdent ta chine, fais un stock de petite monnaie. En plus généralement, sortir un gros biffeton sous le nez d’un vendeur auprès duquel tu viens âprement d’obtenir une réduction c’est moyen moyen… (il pourrait même, SURPRISE-SURPRISE, « ne plus avoir assez de pécunes » sur lui pour te rendre la différence). #ArroseurArrosé

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Là, les vinyles en parfait état étaient à 0,50 € l’unité…

Règle numéro 4: Jamais prix en premier lieu tu ne demandera.

Il n’y a pas plus tue-l’amour pour le vendeur qu’une personne qui déboule en demandant le prix de tel ou tel objet. Ne jamais oublier que derrière, il y a bien souvent une histoire… Donc renseignez-vous, posez des questions sur l’objet que vous convoitez (à qui appartenait-il, de quelle époque date-t-il…), montrez que vous vous y intéressez… Sans pour autant en faire des caisses, sinon ce sera compliqué de négocier le prix ensuite. Cependant, gardez toujours en tête que les exposants se sont levés à l’aube pour installer leur stand, étiqueter leurs produits, les disposer là avec amour pour s’en déposséder dans la bonne humeur. Du coup, un sourire, un petit mot gentil, un peu d’intérêt pour leurs bricoles, ça vaut toujours le coup et puis c’est le meilleur système de négociation qui existe !

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Sur les brocantes on trouve aussi parfois des choses sérieusement glauques… Toi aussi ça te rappelle ce passage dans les Malheurs de Sophie ?!

 

Règle numéro 5: La négociation tu oseras !

Essayer de faire baisser le prix n’a rien d’une tentative d’extorsion. Ce n’est pas une pratique réservée aux souks marocains ! Vous n’êtes peut-être pas très à l’aise à l’idée de marchander, mais discuter du montant fait partie du jeu, et en fait, à terme cela devient même un exercice assez marrant. En général, ma technique est celle-ci: je commence par demander : « Combien en voulez-vous? », je poursuis sur « C’est votre meilleur prix? » ou « Et à combien pourriez-vous me le faire? » si je le veux moins cher.

Mais il ne faut jamais oublier que la valeur d’un objet vintage tient au domaine de l’affectif, du souvenir…  Généralement et d’expérience, les vendeurs sont adorables lorsqu’ils ont en face d’eux des étudiants, souvent, ils sont même beaucoup plus enclins à faire des propositions alléchantes. La seule règle: ne jamais discuter les prix bas !

 

Règle numéro 6: La tête froide tu garderas !

La brocante et les vides-greniers c’est toujours un endroit un peu magique dans lequel on a vite tendance à vouloir tout s’offrir et il y aura toujours une excuse du type « parce que c’est abordable », ou « rare »… Du coup on s’emballe et le lendemain on se réveille en découvrant que l’on vient de casser son P.E.L … L’astuce ici, c’est de limiter ses achats, de s’abstenir au moindre doute qui survient, de respecter son budget de départ « SAUF trouvaille exceptionnelle ! », et de toujours se méfier de l’achat coup de coeur « que l’on trouvera bien où mettre », il n’existe pas de service après-vente donc faites TOUJOURS attention au vice caché !

Au passage: même si la plupart des vendeurs vous préviendra d’une éventuelle défaillance (vase ébréché, dictionnaire dans lequel il manque quelques pages, jeu de société sans dés, bouton de chemise décousu…), vous pouvez tomber sur une personne peu scrupuleuse qui vous certifie que ce sublime petit ventilateur pastel Calor des années 1950 fonctionne toujours, alors qu’il ne l’a même pas testé le bougre ! N’hésitez pas à demander si le vendeur a les moyens de vous le montrer (rallonge à proximité).

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Cette fabuleuse machine à écrire en parfait état datant des années 50’s, achetée une misère…

Règle numéro 7: Patient, jovial et alerte tu resteras !

Il est là devant vos yeux cet objet que vous convoitez depuis des mois, que vous cherchez partout, pour lequel vous avez tenté des milliards d’enchères sans succès sur Ebay, il y a juste cette pièce à changer, ce truc à repeindre, le bidule là à dépoussiérer, ça qui est cassé et ah il est un peu cabossé aussi… Passez votre chemin !

Soyez patient, comparez les prix et les états de conservation, pour vous faire une meilleure idée de la valeur de l’objet sur le marché de l’occasion. Pour exemple, il y a quelques mois j’étais à la recherche d’une planche éducative type années 1950’s, j’avais fait des repérages sur Ebay, Etsy etc où ce que je cherchais avoisinait les 100 euros. Puis, le miracle est arrivé dans une petite brocante de campagne où je n’avais pas même prévu d’aller et dans laquelle je suis tombée, complètement par hasard, sur cette sublime affiche en parfait état qu’une ancienne directrice d’école de plus de 80 ans vendait. Je ne l’ai payée que 15 euros et en prime, j’ai eu droit à une très jolie conversation avec cette dame ! Rien ne vaut l’excitation de la découverte!

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Règle numéro 8: Dans ta bulle (comme Diam’s) tu resteras !

Ne jamais se laisser intimider ou gagner par le stress des autres chineurs ! Prenez votre temps pour regarder. Lorsque je me mets à fouiller dans une caisse de vinyles, il y a toujours cet espèce de crétin qui pue la sueur et qui vient se coller derrière moi en expirant très fort son haleine fétide histoire de me faire comprendre qu’il attend… Pour ne pas me faire bousculer, j’ai une technique IMPARABLE qui a fait ses preuves des centaines de fois: je marque mon territoire en prenant l’objet dans ma main, après avoir demandé la permission au vendeur. Je discute avec lui, l’air de rien… C’est plus discret que de marquer la limite en urinant sur ses congénères et ça marche à tous les coups !

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En me mettant à chiner j’ai parfois du mal à contenir ma fougue et ma passion pouuuuuuuuuuur… les flacons… Oui oui, ça se soigne il paraît !

Règle numéro 9: En douceur tu épousteras

Une fois rentré, vous avez hâte de dépoussiérer vos pépites pour leur redonner une seconde vie, un coup de frais ou juste les remettre sur pattes. Seulement imaginez le temps qu’il a fallu à la crasse pour s’incruster ! J’ai appris à mes dépens que le vinaigre blanc et le gros sel valaient mieux que des produits ménagers vraiment chimiques pour retirer du calcaire ou encore que la microfibre était UN MILLIARD de fois moins abrasive que le gratt’gratt’ verdâtre de l’éponge (sacrilèèèèège !!). D’autant que si cet objet a traversé les époques, l’épousseter lentement pour le préserver et continuer à en faire usage, c’est un peu lui rendre hommage. Plus, en tous cas, que de s’exciter dessus avec un « pschitt pschitt » d’une enseigne douteuse à l’emballage fluorescent !

Règle numéro 10: Une wishlist pour ne pas trop te disperser, tu établiras !

Au début j’avais un peu tendance à me rendre sur les brocantes les doigts dans le nez pour flâner sans vraiment savoir ce que j’allais acheter mais avec la ferme conviction que j’en aurai besoin. Seulement voilà, une fois carapatée chez moi, je réalisais à quel point le dit-objet n’allait pas du tout dans le décor, que ce soit en terme de place, de couleur… et je le rapportais… chez Emmaüs pour qu’il trouve une nouvelle vie, un peu la mort dans l’âme. Depuis j’ai établi une liste des produits qu’il me plairait vraiment de dénicher:

  • un globe ancien
  • un calendrier perpétuel
  • des planches éducatives années 50’s
  • un fauteuil en rotin
  • un ventilateur Calor des années 60’s
  • un manuel d’économie domestique ou d’instruction ménagère d’époque (top pour trouver et redécouvrir des recettes de grand-mère)
  • une coupe à fruit années 30’s
  • des affiches vintage en bon état

et je raye au fur et à mesure de ce que je parviens à dénicher.

Et toi l’ami, racontes nous ! Quelles sont tes petites astuces pour chiner comme un chef ? Tes plus belles trouvailles de brocantes ? Tes bonnes adresses ?

 

Zéro déchet, un an après: le bilan

leIl y a à peu près un an jour pour jour je tombais sur ce reportage inédit de la Famille (presque) Zéro Déchet sur Youtube. Jérémie et Bénédicte expliquaient, d’une manière tellement enjouée que ç’en devenait presque inspirant, comment ils avaient réussi à supprimer la poubelle de leur quotidien pour passer à un mode de consommation qu’ils nommaient « Zéro Déchet ».

C’est à partir de ce moment précis que j’ai vraiment entamé le processus de réflexion pour m’y mettre à mon tour. Constat après constat, discussion après discussion, débat après débat, recherche après recherche… Parce que c’est ce que tout passage à un mode de vie Zéro Déchet implique véritablement.

Tout a donc commencé avec des petits constats qui sont venus s’accumuler les uns aux autres au fil du temps :

  •  » Marre de ces poubelles qui disparaissent « mystérieusement » les mardis et vendredis quand on les abandonne sur le trottoir en bas de chez soi, faute de conteneurs trop pleins « .
  •  » Marre du Noel où l’on jette des mètres carrés de papiers cadeaux après avoir passé un après-midi à s’en servir pour emballer soigneusement des présents « .
  •  » Marre des barquettes en plastique pour emballer des fruits et légumes qui ont déjà une peau… comme si le travail de la nature ne suffisait pas, l’homme se donne pour mission d’enrubanner ces comestibles de produits issus du pétrole… C’est comme si tout devait être en plastique dans ce monde, on fait même désormais de l’herbe en plastique… C’est à se demander si bientôt on ne pourra pas à remplacer l’air que l’on respire par du plastique « . 

Plus j’y réfléchissais, plus j’en discutais autour de moi, et plus je parvenais au constat qu’il me fallait un plan. Un plan d’action viable. Un plan qui me permettrait de changer mes habitudes de vie étape par étape. Dont le but ne serait Ni de me décourager, Ni de me contraindre. En fait, l’objectif c’était même de toujours trouver des solutions qui soient viables afin de produire le moins de déchets possibles et de conserver à terme ce nouveau mode de vie… pour toujours.

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Je crois que le premier geste a été de me dire, à chaque fois que je m’approchais de la poubelle avec un produit à jeter, « Est-ce que cet objet est essentiel à ma vie ? ». Si la réponse était non, je ne le rachetais tout simplement pas. Puis c’est devenu « Est-ce que je peux trouver ça en vrac ? », si oui je trépignais de joie. Enfin ça a été « Est-ce que je peux faire ça moi-même à partir de produits achetés en vrac ? » et là-dessus internet fut mon ami le plus fidèle… parce que Oui, le Web regorge d’informations, de techniques, de recettes, de méthodes, c’est une mine d’or.

Je dirai qu’au tout début j’ai été très stricte sur mon mode de vie Zéro Déchet, peut-être trop d’ailleurs, en me privant de certains produits qui m’ont beaucoup manqué comme la mayonnaise… (ne me demande pas pourquoi). Mais siiiiii tu saiiiiiis « la vraie ».

A de nombreux moments, il y a eu les petites plaisanteries sournoises des amis qui voyaient dans ma démarche « une nouvelle lubie écolo-bobo », les proches qui pensaient que c’était l’affaire de deux mois et que d’ici là j’aurais abandonné pour « revenir à la réalité », les intrigués qui pensaient que « j’exagérais » lorsque je refusais un ticket de caisse ou un sac dans un magasin… que j’étais trop « extrême ».

Le Zéro Déchet c’est finalement une discipline qui m’a aussi appris à trouver des solutions autres, celles que je n’aurais jamais découvertes sans rencontres, ou encore qui m’ont renvoyée à la simplicité de vie de mes grands-parents, une sorte de système D d’il y a plus de 50 ans, avant que la société ne soit imbibée de plastique. On faisait pourtant tout aussi bien, sans plastique…

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Le truc, ça a juste été de m’imposer la discipline de ne pas dire à chaque petite embûche : « Hof… bah… tant pis pour ce produit, je vais l’acheter emballé quand même et puis bon, si pour les déchets y’a juste lui… Ah… ‘pis tiens je vais quand même ajouter lui aussi. ‘Pis l’autre. »

C’est justement grâce à mon petit côté « extrême » qu’aujourd’hui je suis capable de faire la plupart de mes cosmétiques moi-même et que je réussis même à faire mes courses sans générer aucun déchet, juste en prenant avec moi mes propres contenants et je dois dire que je n’en suis pas peu fière…

J’ai bien toujours ma jolie petite poubelle vintage en métal, sauf que je l’ai mise au régime et qu’elle ne contient désormais qu’à peu près uniquement du verre : les bouteilles de bière et de vin que les copains rapportent à l’occasion des petites bouffes sympathiques. En gros, après un an de zéro déchet, je produis l’équivalent d’un demi sac d’épicerie de déchets par trimestre et d’un sac de déchets recyclables tous les deux mois.

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 « Tu calcules ton recyclage ? Ben voyons, ce n’est pas grave le recyclage ! » Faux. Je vous invite à vous informer sur l’état de notre système de recyclage. C’est… disons… bien plus que moyen… En 2012, la France revalorisait moins de la moitié de son recyclage et exportait le reste… et les statistiques ne vont pas en s’améliorant, bien au contraire. Alors après… Oui Roger, c’est clair qu’un sac de recyclage ça vaut mieux qu’un sac de bons vieux détritus, mais non, ce n’est pas une solution. D’une manière générale je dirais même que c’est une façon pour les gens de se faire croire qu’ils sont « VERTS ». Ôtons-nous des esprits cette idée selon laquelle recycler revient à être écolo car le recyclage n’est qu’un début, pas une fin en soi et ça n’est pas ça qui sauvera notre jolie planète à l’heure où il faudrait pourtant sacrément se secouer ! Mais je ne m’étendrais pas sur le sujet, je vous invite à lire l’article du canadien Carl Marchand qui explique bien mieux que moi ce sujet pour mieux comprendre.

Ce que j’aime le plus depuis que je me suis mise au Zéro Déchet je crois que ce sont les questions des gens lorsque j’explique mon mode de vie. J’aime bien voir passer dans leur yeux ce sentiment de frayeur et de stupeur : « Mais tu fais quoi à l’épicerie ? Et tes cosmétiques ? Ouais ok mais pour ton déodorant ? Le dentifrice ça ne se fabrique pas hein… si ?! Bah oui mais tu fais quoi pour les tampons et les serviettes ? Mais euh tu dois perdre telleeeeeement de temps à te prendre la tête ! Attends mais c’est le Moyen-âge ta vie en fait non ?! ».

Je dois avouer que ça me fait toujours plaisir de voir la curiosité que je déclenche et quelque part, je l’avoue, ça me rassure sur le genre humain ! Du coup je me suis dit que compte tenu des interrogations que je suscitais, ce serait cool, en cette merveilleuse date anniversaire du bilan de mes Un an de vie Zéro Déchet de répondre à ces questions qui reviennent souvent.

  • Ma nourriture

J’achète (pratiquement) tout en vrac. Pour les produits secs, j’apporte des sacs en tissus, pour les produits liquides, des bocaux genre le Parfait ou des pots à confiture type Bonne Maman. Lorsque j’ai un peu de temps, je vais faire le marché, sinon je suis « abonnée » à La Ruche qui dit Oui, j’ai juste à aller récupérer mon panier de légumes Bio une fois par semaine sur un point de collecte. Ça arrive directement de la ferme, c’est frais, et surtout le producteur est rémunéré à sa juste valeur.

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  • Mes cosmétiques

J’achète en vrac les savons, les shampoings solides, et tout ce qui est hydrolat, huiles essentielles ou végétales. Pour le reste je confectionne tout : la crème de jour, le déodorant, le dentifrice, … tout ! Je dois dire qu’au final, j’aime l’idée de me dire que j’aurais ma crème hydratante faite sur mesure, qui conviendra à mes besoins, pareil pour mon déodorant qui en plus est éthique, mon dentifrice juste mentholé comme je veux moi etc etc. Pour le maquillage je continue encore de terminer tout ce que j’avais accumulé ces derniers temps mais il existe des marques qui proposent des versions rechargeables de leur produits, ce qui permet de rester dans une dynamique de Zéro déchet. Ah oui tiens ! j’ai opté pour une brosse à dent en bois qui est compostable aussi, en plus dans la salle de bain c’est visuellement bien plus joli qu’avant de se débarrasser de tout ce marketing.

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  • Mes produits ménagers

J’achète toute la base en vrac et je me fais tout moi-même : du liquide vaisselle au savon liquide pour les mains en passant par la lessive et l’adoucissant… Tout ! Même le produit pour les vitres ou encore celui pour récurer les canalisations. Le Zéro Déchet m’a filé le virus de la passion « Bicarbonate de soude/Vinaigre blanc/Savon de Marseille/Huile essentielle » ça et les citrons Bio, ça fait battre mon petit palpitant. Oui, il en faut peu.

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  • Mes vêtements

J’ai la chance d’être une addict des basiques hypra classiques qu’on accessoirise. Donc, au final, les pièces à remplacer sont généralement peu nombreuses : un jean de temps en temps qui commence à être limé jusqu’à la corde, des chaussures quand les miennes sont bonnes à envoyer à La Fibre du Tri pour les recycler et fabriquer avec des isolants… Je me permets toujours quelques craquages mais j’essaye davantage de prioriser le local ou le Made in France #CoucouArmorLux. Du coup j’achète moins, mais j’achète des trucs de qualité, des pièces qui valent leur prix et qui sont produites par d’autres individus que des enfants de 4 ans entassés dans des caves insalubres des pays du Tiers-Monde. Sinon, les friperies me mettent en joie, j’aime l’idée de porter des pièces qui ont une histoire, je me sens un peu comme Amélie Poulain… et puis j’échange, je vends, j’achète énormément sur Vinted qui est une application merveilleuse que je recommande à 300%.

  • A l’Université

Pour la fac, j’avoue que la tâche est plus ardue. J’ai besoin de crayonner, de faire des brouillons, des fiches de fiches, d’imprimer mes cours et de les classer, de caler çà et là des millions de post-it… Je fais de mon mieux mais en période de partiels je me retrouve bien souvent avec des tas de feuilles griffonnées, noires d’inscriptions et de flèches qui partent dans tous les sens, je ne compte plus le nombre de cahiers de brouillons accumulés depuis le début de l’année. Une chance : je griffonne au porte-mine, ça se recharge, je jette donc peu de stylos-billes. Sinon le midi j’ai pris l’habitude de trimbaler mes Lunchbox, ma gourde, mon thermos un peu partout et je ne m’en porte pas plus mal, surtout lorsque les copains déjeunent au RU des kilos de pâtes fadasses qui baignent dans du beurre et que moi je savoure mes petits curry veggie Bio…

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  • Les déchets que je génère toujours

Il y a des emballages dont je ne parviens pas à me passer comme celui du beurre. L’huile d’olive c’est cool mais à 8h00 sur la tartine du ptit-dej’ je dois dire que c’est moins folichon… Ou encore cette fameuse feuille d’alu qui entoure la tablette de chocolat. Pour le fromage, mon alternative c’est un petit producteur bio du marché des Lices à Rennes qui accepte les tupperware et qui me déduit même du prix final l’emballage qu’il ne me met pas, tout le monde est gagnant et ça c’est plutôt chouette ! Sinon je garde toujours en tête l’image de mes ampoules qui ont grillé les unes après les autres cette année et qui ont généré des déchets… Ça fait partie des impondérables déchets.

Ah ! Puis, il y a le lait : j’en bois peu mais il m’arrive d’en acheter régulièrement pour faire des yaourt- maison. Le truc c’est que ce sont des briques Tetrapack… J’ai l’impression d’entendre cette craie désagréable crisser sur la tableau de la salle de classe à chaque fois que j’en ouvre une : un tetrapack c’est une couche d’alu, une de carton, une d’encre et une de cire plastifiée, encore ce plastique donc ça reste du déchet. C’est vrai que pour ça, le mythe British des Milkmen me fait rêver : des bouteilles en verre, réutilisables et lavées en consigne…

  • Ces saletés d’embûches

Quand j’ai commencé cette démarche, j’ai vite dû affronter des problèmes bien plus complexes que juste de trouver une recette de déodorant. Le premier c’était, je crois, la frustration de voir tous mes efforts ensevelis sous les quantités incroyables de déchets que la société produit et d’y être confrontée littéralement tous les jours. Là où j’ai vraiment réalisé cela, c’est en meublant mon appart d’étudiante je crois, le nombre incalculable, d’ustensiles de cuisine en plastique présents dans les grandes surfaces me rendait dingue.

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J’ai fait en sorte de récupérer le maximum de trucs autour de moi, du petit électroménager dans ma famille (#BigUp à ma grand-mère pour sa yaourtière vintage de compet’ de la marque Seb qui a plus de 50 ans et qui est toujours comme neuve), de l’ameublement où j’ai surtout misé sur des trucs Emmaüs que j’ai retapé/repeint moi-même ensuite, et le peu que j’ai acheté, j’y ai mis le prix mais dans du durable et du local, dans des matériaux nobles : du verre, du bois, du tissus… Du durable quoi !

D’ailleurs en fait, une fois que l’on plonge dans le monde du Zéro Déchet, notre perception de ce qu’est un « déchet » change. Pour vous, une paille est un outil pour boire votre cocktail, pour moi, c’est un déchet, il en existe en inox que l’on ne jette pas. Pour vous, un gobelet de café vous procure ce merveilleux liquide chaud qui vous réconforte par ce froid hivernal, pour moi, c’est un déchet, pourquoi ne pas utiliser un thermos ou une gourde, que l’on ne jettera pas… Pour vous, un essuie-tout est le sauveur d’un dégât, pour moi, c’est un déchet, surtout lorsque l’on possède déjà ce merveilleux et bon vieux torchon… En gros tout est une question de perception, de transition vers la simplicité, le retour à ce qui est « sain ».

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  • Les bienfaits du Zéro Déchet

En plus des effets positifs sur mon portefeuille et sur notre environnement, j’ai découvert d’autres avantages au mode de vie Zéro Déchet:

  1. Comme ça me force à acheter pratiquement tous mes ingrédients de base, je vois exactement ce que je laisse entrer chez moi. Dehors indésirables du genre : produits chimiques, sucres ajoutés, gras et sel à outrance.
  2. Revenir aux ingrédients de base et aux recettes de grands-mères c’est vraiment magique. Ça nous rappelle qu’avant, on utilisait d’autres moyens très simples afin de subvenir à nos besoins quotidiens.
  3. C’est tellement plus simple ! Moins d’objets, moins de magasinage, moins de ménage, moins de gestion… Mais ça, il faut le vivre pour le comprendre !
  4. J’ai fait énormément de rencontres avec des acteurs locaux qui comme moi, empruntent cette voie écolo, qui s’interrogent et qui construisent des projets durables. Du coup j’ai appris plein de choses au contact de personnes que je n’aurai pas forcément rencontrées autrement comme des producteurs.
  5. Mais le plus important dans tout ça, c’est que depuis le début de ma démarche, je me sens cohérente avec moi-même ! Je suis en phase avec mes valeurs, ma façon de percevoir le monde et ce qui est important pour moi. Inutile de vous dire qu’il n’est pas question pour moi de revenir en arrière sur cette façon de vivre.
  6. J’ai l’impression de participer à changer le monde, à mon maigre niveau, de ne pas être « inutile », susciter des réflexions sur mon mode de vie c’est déjà un début : avec plein de gouttes d’eau on crée des torrents.
  7. Pour moi, chaque achat que je fais, c’est comme un vote pour plus d’éthique, de consommation durable et responsable, c’est imposer un nouveau mode de consommation où le Bio a par exemple beaucoup plus sa place que les produits de l’agriculture intensive, le fait maison a beaucoup plus de sens que les sur-emballés des multinationales, c’est prioriser les commerces locaux de proximité à la société de consommation impersonnelle de grande-surface. En fait se mettre au Zéro-Déchet c’est faire le pari viable d’un véritable retour à la citoyenneté.

Allez, avoue que je t’ai donné envie de t’y mettre avec ma sublime petite yaourtière rétro Seb !

Il est 4 heures : l’heure de la Cup !

Depuis une certaine émission de France 5, on dirait que les réseaux sociaux se réveillent sur les tampons et serviettes hygiéniques et sur les éléments dangereux que l’on y trouve… C’est toujours un peu cocasse de se rendre compte qu’un tel sujet puisse encore étonner tout ce petit monde après les nombreux scandales parus à ce sujet… à croire que l’on réalise enfin que « Non non Roger, le Syndrome du Choc Toxique c’était pas JUSTE une légende urbaine ! ».

Mais bon ! Point de jugement sur les personnes qui utilisent ce type de protections hygiéniques, j’en ai moi-même porté durant des années… Disons qu’il s’agit plus là d’une ignorance et qu’il est vrai qu’à ce titre Nana, Always et leurs petits copains ne se bousculent pas pour aborder le sujet de la Cup…

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D’où l’urgence de parler de ce petit objet merveilleux. En gros, c’est une protection hygiénique réutilisable qui se place de la même manière qu’un tampon sans applicateur et qui recueille bien gentiment tes règles durant toute la journée. #BlopBlop

J’avoue qu’au début j’étais hyper sceptique, même si je trouvais le principe génial : remplacer des produits de première nécessité qui tombent sous le coup de la fameuse « taxe rose » (comme si on ne morflait pas assez déjà) par un petit bidule tout simple qui dure 10 ans, qui n’est ni toxique, ni nocif, ni agressif, et qui en plus de protéger la planète (Zéro Déchet te voilà) allège le porte-monnaie…

Du coup j’avais découvert tout un petit monde alternatif aux produits conventionnels : les serviettes, protège-slips et tampons Bio, ça existe, d’ailleurs la marque Natracare, que l’on trouve plutôt simplement en Biocoop, les commercialise. Ils sont en coton Bio et garantis sans parfum, sans chlore, ni plastique… Sauf que bon niveau déchet, ça revenait au même : même clean, j’en produisais quand même !

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Puis, j’ai découvert qu’il existait aussi des protections hygiéniques en coton lavable en machine et réutilisables, y’en a même qui sont fabriqués en France et à ce niveau-là, Etsy, la petite boutique en ligne est une mine d’or. Le truc c’est que j’utilise déjà depuis un moment déjà des cotons et essuie-tout lavables mais j’avoue que la perspective de faire ma lessive de serviettes hygiéniques usagées… J’ai (un peu) lâché les armes, ça demandait trop d’organisation et ça ne me semblait pas hypra pratique dans des cas de déplacements où tu dois la changer par exemple : c’est pas le chocolat Milka que tu cale comme ça, pépouz’ dans l’alu’…

Et puis un jour je me suis mise à faire le point sur ma salle de bain : j’étais déjà passée au shampoing solide bio et produit en France et au savon naturel sous la douche, les produits cosmétiques naturels avaient détrônés les vieux bidules pétrochimiques que je prenais un plaisir fou à me tartiner sur le minois jadis, et gisait sur le rebord de mon lavabo cette petite éponge Konjac toute mimi qui semblait me dire « Allez, ce n’est rien qu’un pas de plus vers le Zéro Déchet en fin de compte »

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Et oui, parce « qu’en fin de compte », la principale raison de ma réticence concernant le passage à la Cup était fondée sur l’idée que l’on ne peut pas toujours faire sa vidange de Cup comme ça au plus grand des calmes. De plus, la solution semblait trop simple pour que ça se résume juste à un « Et hop Roger je vide, et hop je rince » comme ça où on veut et que les toilettes n’étaient pas toutes pas pourvues de lavabos à l’intérieur…

Puis je suis tombée sur une pote féministe trop trop cool (je lui envoie des compliments par gerbes entières juste au cas où elle tomberait sur cet article) qui ne jurait que par la Cup et qui voyait en ce petit objet le Saint-Graal de la Libération des Vagins. Je force à peine le trait…

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Bref, donc cet ADORABLE disciple de Simone de Beauvoir, m’a rassurée d’un « Nan mais attends, la Cup c’est comme ta brosse à dents hein, tu t’en sers deux fois par jour, pas trois hein parce qu’en vrai, y’a personne qui s’en sert le midi ! »… Devant cet argument imparable, fondé sur l’hygiène buccale de mes congénères humains, je me suis donc dit que l’objet valait bien un essai.

Après environ un an d’utilisation, et en avoir testées plusieurs j’ai trouvé celle qui me correspond le mieux au niveau de la souplesse du bidule, de sa taille, de son bout, de sa forme. C’est celle de Lamazuna. D’ailleurs, promis promis je ne perçois rien de leur part pour vous parler d’eux, même si cela ne me dérangerait pas le moins du monde car c’est une marque que j’ai à cœur de défendre, notamment par pur chauvinisme puisque l’entreprise est originaire des Pays de la Loire. Je dirais qu’il en existe forcément une qui va vous convenir sur le marché… Personnellement j’ai pris la taille la plus petite, généralement les tailles varient selon que son utilisatrice ait déjà accouché par voie basse ou non, ce qui n’est pas mon cas.

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Je ne vais pas vous mentir, au début j’ai un peu galéré, j’ai même failli renoncer, je crois que je manquais de technique question origami. Savoir la mettre et la retirer au début ça reste tout un art, il y a forcément des ratés mais comme dit notre ami Jean « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». Il faudra te trouver la technique de pose qui te convient, pour la retirer le mieux c’est de faire pression en haut au niveau des petits trous, ça se « dé-ventouse » et tu vides. En gros, persévère l’amie et tu verras, en moins de temps que tu ne le croyais, ça viendra.

Oui parce qu’au final, la Cup, c’est hyper simple d’utilisation à partir du moment où l’on respecte quelques précautions de base :

  • Vider et bien rincer sa Cup toutes les 12h maximum.
  • Bien se laver les mains avant et après toute manipulation.
  • Avoir une hygiène irréprochable : en gros on nettoie à l’eau la Cup entre chaque utilisation (sous la douche c’est plus pratique) pendant les règles et on la stérilise avant et après les règles.

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Tout ça pour dire que oui, il y a de nombreuses substances immondes et mortelles dans ces choses que l’on place au plus près de nos petites parties intimes et fragiles, que oui on s’en cogne de s’en mettre plein les fouilles pour des produits dont on sait que l’on ne pourra pas se passer mais que oui, il y a des alternatives. Il suffit juste de goûter au changement et un jour, on finit par ne plus s’en passer.

La cup, c’est à peu près ça !

Allez, santé !