Île de Ré: petit joyau de l’atlantique

D’humeur vagabonde en ce début d’année scolaire et alors que j’avais prévu un temps de retrouvailles avec les copains, on a profité d’un week-end prolongé pour prendre la route en direction de l’Île de Ré ! Sans trop d’a priori, on est donc parti à la découverte de cette petite île pleine de charme, dont la nature allait nous réserver de jolies découvertes… J’en avais toujours beaucoup entendu parler mais je n’y avait pourtant jamais mis les pieds.

J’ai découvert un endroit super agréable pour passer du temps avec ses proches, pour se balader à vélo et se ressourcer. Le temps semble s’être arrêté sur cette jolie île : ses maisons blanches, ses volets bleus, ses roses trémières qui fleurissent dans chaque coin de rue, à chaque pas de porte… Ici villages et paysages sont en parfaite adéquation et tout cet équilibre offre aux yeux des habitants une sorte d’aquarelle magique grandeur nature.

J’ai adoré pouvoir visiter une grande partie de l’île à bicyclette, c’est d’ailleurs ce que tout le monde fait là-bas et les pistes cyclables permettent de circuler sans difficulté aucune autour et à l’intérieur de l’île. L’avantage c’est que là-bas, tout est absolument plat, partout, ce qui fait que même les moins sportifs pourront se laisser tenter par des balades en vélo. Je n’ai donc eu qu’une envie : vous embarquez avec nous à la découverte de cette île, petit joyau de la côte Atlantique !

JOUR 1 ⎜DE LOIX À SAINT-MARTIN-DE-RÉ

Pour la première étape de notre périple en vélo, direction le petit village de Loix ! Toute la balade à vélo est magnifique, en particulier pour découvrir les fameux marais salants de l’Île de Ré qui s’étendent à perte de vue. L’endroit est tellement calme et paisible, qu’on se sent vraiment privilégié d’être ici… Dans cet environnement façonné par l’homme et la nature, il paraît que de juin à septembre on peut observer, entre juin et septembre, les sauniers récolter le sel.

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Puisque Loix se situe sur une presqu’île, on a dû revenir un peu sur nos pas pour récupérer la piste cyclable en direction du village de Saint-Martin-de-Ré, capitale historique de l’Île de Ré.

Organisé autour de son port, Saint-Martin est un village plein de vie qu’il ne faut surtout pas louper !

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Vous pourrez venir déjeuner au bord du port ou simplement savourer une glace faite maison à La Martinière. Un vrai esprit de vacances.

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Évidemment, après cette première journée, on est parti à la chasse aux meilleurs spots pour voir le coucher de soleil ! Et on était plutôt content… D’ailleurs, durant ces quelques jours, un des mes plus grands plaisirs a été d’admirer ces couchers de soleil absolument féériques. On fonçait chaque soir à vélo pour ne pas manquer le début de ces spectacles envoûtants ! Une fois rose, une fois d’or : les cieux nous ont offert des spectacles tout à fait fascinants que j’ai eu le bonheur de prendre en photo, chaque soirée nous apportait sa petite dose de magie.

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JOUR 2⎜ARS-EN-RÉ, SAINT-CLÉMENT-DES-BALEINES, LES PORTES-EN-RÉ

Voyant le soleil briller de bon matin, on a rapidement repris nos vélos pour un long (très long!) parcours, en commençant par le village d’Ars-en-Ré et son petit marché du dimanche matin !

Après quelques kilomètres, on a pu profiter de l’animation du port, tout en prenant un petit café en terrasse et en profitant du soleil. L’esprit de vacances est partout à l’Île de Ré, et ça fait du bien ! J’ai adoré le charmant village d’Ars en Ré, ses ruelles pittoresques et poétiques, son très joli clocher. J’avais l’impression que chaque coin de rue réservait une nouvelle surprise : des coins fleuris, des détails adorables comme ces jolis petits rideaux bateaux, des petites échoppes touristiques…

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Prochaine étape de notre périple, direction l’emblématique Phare des Baleines ! L’endroit est super, et si vous avez le courage de grimper ses 257 marches, la vue du haut du phare est tout simplement magnifique ! Le Grand Phare des Baleines a été construit en 1854 et on peut le visiter pour la modique somme de 3,40€. L’investissement vaut vraiment le détour : d’en haut on aperçoit la Vieille Tour des Baleines construite en 1682.

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Sur le chemin du retour, on a traversé un endroit assez exceptionnel et insoupçonné sur l’île : la Réserve naturelle nationale de Lilleau des Niges ! Située dans le Fier d’Ars, la réserve qui s’étend sur 220 hectares d’anciens marais salants est un véritable carrefour migratoire qui accueille des milliers d’oiseaux chaque année.

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JOUR 3⎜LES PLAGES ET LA FLOTTE

Pour notre troisième et dernier jour sur l’Île de Ré, on a décidé de profiter de la plage et d’en profiter pour faire le plein de soleil avant le retour à la réalité ! Avec plus de 100 km de côtes, les plages font partie des paysages incontournables de l’Île de Ré et certaines sont d’ailleurs parmi les plus belles plages d’Europe. Classieux.

Le brunch bien calé dans le panier en osier, on est partis très tôt à vélo pour profiter du spectacle du lever du jour sur la plage de la Conche, juste après le phare des baleines. Bref, je songe à déménager sur l’île JUSTE pour ces moments uniques qu’offre le soleil en spectacle. Nous sommes arrivés quand il avait déjà commencé et j’ai presque eu les larmes aux yeux en tombant sur tant de beauté… Je ne sais pas comment l’expliquer, les couchers de soleil ont un effet magique sur moi. J’oublie tout, je suis ailleurs, perdue, émerveillée… Le ciel devient orange, rose, violet et je m’assois tranquillement. Bref, c’est mon paradis à moi. Le tout avec un bon petit brunch entre copains sur le sable… C’était top.

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Animée, sauvage, nautique, rocheuse… ce qui est bluffant, c’est que chaque plage à sa particularité ! Et même si les plus belles plages de sable, idéales pour se baigner, se trouvent plutôt du côté de Le Bois-Plage et de La Couarde, les autres plages offrent un paysage splendide et plus sauvage.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour la plage des Gollandières qui se trouve dans le village de Bois-Plage ! Il faut dire que le petit passage en bois qui surplombe la plage est vraiment trop chouette et qu’il apporte un charme particulier à cet endroit. Longue de plusieurs kilomètres, la plage qui fait face à l’océan offre d’ailleurs une vue dégagée sur l’Île d’Oléron.

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Bois-Plage est encore une fois un de ces petits villages hyper mignons et on y trouve surtout de très bonnes confitures.

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Comme toutes les bonnes choses ont une fin on a fini notre découverte de l’Île de Ré en passant par le petit village de La Flotte ! Considéré par beaucoup comme le plus joli village de l’île, on ne pouvait pas passer à côté. Vous y découvrirez un petit port de pêche, de nombreux restaurants et une longue balade en bord de mer pour profiter une dernière fois de l’air Rétais (oui, pour info, c’est le petit nom des habitants ici) !

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J’y ai d’ailleurs déniché une merveilleuse petite adresse déco/art/design : Le Salon de Mam Muti (45 rue du Marché). On trouve de très beaux objets d’art et de déco dans cette boutique à la sélection soignée (n’hésitez pas à discuter avec le vendeur, il est super !). Il y en a un peu pour tous les budgets, du petit carnet au meuble de créateur.

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Puis on a fait un saut à l’Abbaye des Châteliers qui se trouve entre La Flotte et Rivedoux à l’est de l’île. Il s’agit d’une ancienne abbaye cistercienne, dont il ne reste que malheureusement des ruines car elle a subi les attaques des Anglais puis s’est vu ravagée par les guerres de religion…

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Puis comme toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin, après un merveilleux week-end de visites, de retrouvailles, de joie et de découvertes est venu le temps des aurevoirs…

Une chose est certaine, l’île de Ré, je ne t’oublie pas, je reviendrai !

Béhuard: la pépite angevine

En ce début d’automne et profitant des derniers rayons de soleil et de la douceur angevine, j’ai redécouvert récemment un petit village de bord de Loire que je fréquentais assez souvent lorsque j’étais plus jeune.

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Béhuard et moi c’est un peu un coup de foudre. Un lieu atypique labellisé « Petit village de caractère » depuis déjà quelques années. Le cadre est verdoyant, presque coupé du monde, un vrai bol d’air ! Difficile d’imaginer que la ville est si proche!

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Du milieu des flots de la Loire, surgit, voici des millions d’années, une roche volcanique, veinée de quartz. Sédiments et limons ont formé, peu à peu, l’Ile de Béhuard, jolie petite cité de caractère, à 15 kilomètres en aval d’Angers. Parce que oui, Béhuard, c’est en fait l’unique commune à être une île sur la Loire.

Située dans le périmètre du Val de Loire, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, et se trouvant à une quinzaine de kilomètres au Sud-Ouest d’Angers, le village ligérien est ceinturé par deux bras de la Loire. L’hiver, l’île est inaccessible pour cause de crue, c’est ce qui la rend tout à fait particulière. Ce tout petit village ne compte qu’une centaine d’habitants à l’année. On laisse les vélos à l’entrée du village pour ne pas être encombré durant la promenade, Béhuard est un village piéton comme l’indique le panneau à l’entrée.

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La rue principale du village est vraiment charmante avec ses jolies maisons bien fleuries. C’est absolument ravissant, le sens du détail est présent absolument partout !

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On continue jusqu’à l’église, atypique, construite sur un petit éperon rocheux qui domine le village. L’île de Béhuard a été évangélisée autour du Ve siècle par Maurille, disciple de St Martin de Tours, alors évêque d’ Angers. La dévotion à la vierge est ancienne et  Béhuard va devenir un centre de pèlerinage. De nos jours, de nombreux croyants viennent encore communier sur l’île, particulièrement au 15 août. C’est le roi Louis XI , neveu du Roi René d’Anjou, qui, en péril de noyade, avait invoqué Notre-Dame de Béhuard. Son voeu accompli, il ordonna la construction du sanctuaire actuel.

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On vient toujours se marier dans la chapelle royale perchée sur son rocher, se promener pour admirer le charme du village et faire le tour de l’île a pied, longer la Loire, pêcher…

Chaque année, le dernier week-end d’aout, on célèbre « la plate » à Béhuard. La plate est une embarcation conçue pour se déplacer sur la Loire et sortir de l’île lors qu’elle est en crue. Par équipe de trois, les plates s’affrontent. Un barreur et 2 rameurs par plate sur une distance définie. On part d’un point, on parcourt environ 200 m, on tourne derrière les bouées, on refait les 200 m, on repasse derrière les bouées du départ et on doit franchir un point a mi parcours et la course s’arrête. Tout ceci est chronométré sous l’œil des arbitres et il y a plusieurs manches…

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En bref, Béhuard, c’est un petit concentré de douceur angevine à ne pas louper !

 

 

Giverny: petit écrin de l’impressionnisme

Déjà fin août ! A Angers, ça commençait à sentir sévèrement la rentrée, l’odeur des protèges livres, les packagings aux couleurs criardes pour vous vendre sérieusement CETTE gomme qui vous fera être le premier de la classe ou CE stylo qui vous évitera de porter le bonnet d’âne en maths. C’est surprenant cette volonté des parents d’acheter à leurs enfants les mêmes affaires que celles de l’année précédente, mais quel est le petit monstre qui se cache dans leurs cartables et gobe leurs jolis stabilos, leurs ciseaux, leurs taille-crayons tous les ans ?

Planquée derrière la pile de carnets Moleskine, j’observais curieusement Louis, un gamin mi-pataud mi-rougeaud qui s’apprêtait à entrer en classe de CM1, ce dernier tentait d’extorquer à sa mère quelques deniers supplémentaires pour LE hit-bag de la cour de récréation:

 » – Mais mamaaaaaan ! C’est naze les cartables en cuiiiiiiir !

– Ecoute Louis, il fallait y penser avant de faire exprès de déchirer le cartable que je t’ai acheté l’an dernier, ça fait déjà deux ans de suite que tu me fais le coup ! »

– Mais c’était un cartable Titeuf ! « 

Argument imparable ce Titeuf… Le petit Louis, s’apercevant que la maman ne transigerait pas, se mit à verser quelques larmes de crocodile pour faire chavirer le cœur de sa maternelle. Échec et mat. L’affaire fut pliée en un coup de carte bancaire alors que Louis se répandait en sanglots.

Consternée par la scène et souhaitant décrocher mes yeux de ce navrant spectacle, j’aperçus soudain quelque chose de bien plus intéressant: un album de Claude Monet. Probablement un invendu de la période de soldes estivales… Au fur et à mesure que je feuilletais les pages de l’album, je me mis à réaliser combien j’avais envie d’échapper à la réalité consumériste de cette rentrée, juste le temps d’un week-end. Enterrer une bonne fois pour toutes ces vacances d’été d’un grand coup sec de culture.

C’est ainsi qu’armée de mon légendaire appareil photo je me rendis à Giverny.

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Giverny, c’est un petit village typique de Normandie, situé dans l’Eure. Un cadre plutôt rural, des petites rues pittoresques et surtout, la maison et les jardins de Claude Monet. Chaque année, le village attire de nombreux touristes du monde entier, qui viennent rendre hommage au peintre et père de l’impressionnisme. Il y a peint ici plus d’un millier de tableaux, dont la célèbre série des Nymphéas.

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Ce qui m’a toujours incroyablement fascinée chez ce peintre, c’est sa maîtrise des reflets, l’aubaine était donc trop belle d’aller découvrir les lieux. En arrivant peu de temps dès l’ouverture, j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier d’une lumière incroyable. Je dois bien avouer qu’avec tous ces jeux de couleurs je ne savais parfois même plus où donner de la tête tant tout était si inspirant et merveilleux.

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Claude Monet s’est installé à Giverny en 1883 dans cette maison de campagne qu’il avait repérée en prenant le train de la ligne Paris – Rouen – Le Havre qui passait juste à côté. Sur la base de ses quelques connaissances picturales, il réaménagera le jardin pour le transformer à son image. Les pommiers, les pins, les épicéas et le potager sont remplacés par des cerisiers et abricotiers japonais. Puis, il créera des parterres de fleurs, tels des pots de peinture (à l’image de l’intérieur de sa maison d’ailleurs), à base de jonquilles, tulipes, narcisses, iris, pavots d’Orient, pivoines…

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Monet réfléchira à tout dans ce Clos Normand, de la disposition des fleurs à leurs couleurs en passant par la symétries des plantations. Là où tout est parfaitement rangé, articulé, réfléchi, il suffit pourtant de poser le regard pour se sentir au beau milieu d’un champ de fleurs aux couleurs flamboyantes. C’est un vrai feu d’artifice !

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Quelques années plus tard, il fera l’acquisition du terrain de l’autre côté de la voie de chemin de fer. Monet est alors particulièrement inspiré par sa très grande collection d’estampes japonaises dans lesquelles sont représentées de très nombreux jardins. C’est ainsi qu’il se lancera dans la conception de son propre jardin japonais.

Il ira même jusqu’à faire détourner la rivière du coin, l’Epte, pour donner naissance à son célèbre bassin aux nymphéas. Qu’importe les difficultés rencontrées des paysans voisins qui craignaient qu’il n’empoisonne le cours d’eau en y faisant pousser toutes sortes de végétaux venus d’Asie.

« Le Jardin d’eau » comme on l’appelle aujourd’hui sera aménagé comme bon lui semble, et il le transformera en un époustouflant terrain de jeu pour la suite de son œuvre…

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Ici trône tout l’univers de Monet et quelques minutes suffisent pour s’imprégner de cette intense ambiance florale. Puis, on se retrouve vite à photographier les lieux comme s’il s’agissait de tableaux. Tout est si somptueux !

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Ce qui est plus somptueux encore, c’est que cela dure toute l’année, c’est un jardin qui comporte mille facettes. Chaque saison révèle la magie de cet endroit qui ne cesse de renaître avec de nouvelles couleurs au fil des saisons, ce qui fait qu’une visite en avril n’a rien à voir avec une visite en septembre…

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Quant à la maison, elle est incroyablement spacieuse, claire et a quelque chose à voir avec les maisons de poupées de la fin du XIXe siècle, c’était presque comme si les propriétaires l’avaient quittée la veille. La table est mise, les lits faits, chaque objet est à sa place, on croit encore respirer l’odeur de térébenthine que dégagent les pinceaux, les collections sont là elles aussi.

On retrouve ici les fameuses estampes japonaises, représentation de l’éphémère et de l’instant qui passe, joyeux ou douloureux, sans oublier les pastels de Berthe Morisot, d’Edouard Manet, de Vuillard, les fidèles amis.

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Pendant que l’horloge égraine les heures, on ne se lasse pas d’admirer le salon qui a la couleur mystique des iris, lieu de bavardage aux meubles peints. La salle à manger jaune, tellement conviviale et gaie avec sa grande table accueillante aux familles nombreuses.

La cuisine couverte de faïences bleues parce que cette couleur a, dit-on, le pouvoir d’éloigner les insectes et particulièrement les mouches. Les poêles en cuivre suspendues accentuent le côté bleuté de la pièce.

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Enfin, à l’étage, les chambres donnent sur le jardin où le soleil entre à flot. Et ici, on s’attarde avec plaisir à contempler chaque recoin, à méditer dans l’atelier de l’artiste, un endroit confortable qu’après la construction de son second atelier, Monet transformera en salon et où il accrochera les quelques toiles dont il ne voulait pas se séparer.

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L’atelier « aux Nymphéas » sera construit sur les ruines d’une masure à l’extrémité de la propriété, permettant au peintre de travailler en paix. Un système de vélum filtrait la lumière de façon à ne pas nuire à son œil exigeant. Là, il disposait ses panneaux des nymphéas comme il entendait qu’ils le soient à l’Orangerie. Il y travaillera sans relâche jusqu’à son dernier souffle.

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Autour, tout n’est que symphonie printanière, une sorte de kaléidoscope qui mêle les harmonies les plus subtiles, les inclinaisons les plus douces, les reflets les plus tendres ou les plus vifs, les charmilles et les recoins les plus secrets.

Giverny, aimable maison et admirable jardin, apparaissent comme le songe accompli d’un magicien génial. Claude Monet a composé ce lieu, où il vécut une quarantaine d’années, comme un rêveur éveillé qui marie la lumière et l’ombre, l’eau et le végétal en un univers hors du temps.

L’espace d’un week-end, je suis entrée dans le plus beau tableau jamais réalisé par le peintre, au point que celui-ci semble encore en suspens dans l’imaginaire ! Si vous avez l’occasion, il faut y foncer !

 

 

 

En route pour le Mont, Edmond !

J’aime assez les escapades impromptues, décidées à la va-vite autour d’un verre de rouge lors de soirées animées. Ce qu’il y a de bien dans ce genre de projet, signé sur le coin d’une table, l’esprit mi-fumeux, mi-alcoolisé (l’abus d’alcool est dangereux pour la santé !) c’est que l’on ne prévoit rien. A vrai dire, on se laisse guider par l’envie de cerner, de comprendre ou juste de simplement découvrir un lieu et au petit matin, l’esprit encore embué par les paris tenus la veille, on découvre les surprises que la nature avait oublié de nous souffler à l’heure du départ.

Ça avait commencé un peu comme ça, je crois:

« – Quoi tu n’as jamais vu le Mont Saint-Michel ? Mais c’est seulement à quelques kilomètres d’ici ! Il faut avoir vu le Mont Saint-Michel, enfin quand même !!

– Ah oui ?! Tu connais bien les lieux, tu me ferait visiter ?

– Ben évidemment, quand tu veux !

– Ok, demain, 6h devant chez toi ? »

Je crois que c’est ce que je préfère dans le fait d’être encore étudiante: on est libres, sans contraintes ou presque et imperturbablement prêts à dévorer le monde avec un sac à dos, une misère en poche et une paire de Stan Smith. On croque la vie à pleines dents, on envoie bouler la fatigue et avec un appareil photo, un peu de joie de vivre, de folie, et cet incontrôlable désir, on vit à cent à l’heure. C’est pour cela que, récemment rentrée d’un joli week-end au Mont Saint-Michel, j’avais une folle hâte de partager ce petit voyage avec vous.

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Le Mont Saint-Michel, c’est un lieu mythique, un endroit splendide que l’on croise souvent au détour des magazines, un lieu qui m’a toujours faite rêver. Cet îlot flottant à l’horizon de Cancale, presque perdu dans un désert de sables mouvants et qui quelques fois seulement dans l’année se retrouve inaccessible et pleinement entouré par les flots.

Plus de 3 millions de visiteurs s’y succèdent par an, et c’est le troisième site touristique le plus visité de France. Sachant cela, nous avions quitté Rennes, très tôt le matin. Ironie du sort, nous ne le savions pas encore, mais c’était un week-end de grandes marées. Il y a quelque chose d’incroyablement magique dans ce phénomène : les marées sont dues à l’action des astres, principalement la lune et le soleil. Lorsqu’ils sont alignés avec la terre (on dit des astres qu’ils sont en syzygie), les attractions s’ajoutent, et on dit que l’on est en « vives-eaux », cela correspond aux périodes de fortes marées ; au contraire si les astres forment un angle droit (astres en quadrature) les attractions s’atténuent, on est en « mortes-eaux », cela correspond aux périodes de faibles marées.

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Dans la baie du Mont-Saint-Michel, le Rocher se trouvant au fond de la baie, la mer en période de « mortes-eaux » ne l’atteint pas. Par contre, lorsque l’on est en période de « vives-eaux », la mer atteint le Mont. La nature reprend ses droits et on voit le Mont-Saint-Michel redevenir une île.

C’était Spectaculaire ! J’ai découvert des paysages époustouflants, dépaysants au possible. Je n’avais parfois même plus l’impression d’être en Normandie. L’air avait cette odeur iodée, la brise légère venait caresser nos visages, la mer révélait au monde la complexité de ses nuances bleutées… tandis que les goélands traçaient dans le ciel matinal des arabesques immensément poétiques.

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Le Mont Saint Michel, c’est un endroit parfait pour se ressourcer, jeter ses états d’âmes par les fenêtres, se vider l’esprit et repartir la tête pleines de projets nouveaux. Depuis la construction du nouveau barrage, de nouvelles espèces d’oiseaux jusque là disparues commencent à refaire surface et c’est les yeux ébahis que l’on découvre la faune et la flore de la baie s’activer au petit matin dans cet environnement préservé écologiquement. Un véritable bonheur !

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Après un petit-déjeuner copieux, englouti sur le pouce, nous observons des étoiles pleins les yeux, la baie s’immerger. Peu à peu nous découvrons cette sensation de nous écarter de la terre tandis que le Mont Saint Michel retrouve son identité insulaire. Un spectacle magnifique, un isolement physique et métaphysique qui nous rapproche petit à petit de l’histoire de ce Mont au travers des époques. Bercés par le bruit des vagues nous arpentons les ruelles de ce majestueux rocher jusqu’à l’abbaye pour une pause historique bien méritée.

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En 708, l’Archange Saint Michel apparaît à l’Evêque Aubert et lui ordonne de construire un sanctuaire sur le mont Tombe îlot rocheux au milieu d’une baie immense tout autour des grandes marées du monde. C’est ainsi que naît le Mont Saint-Michel. Pendant 1000 ans vont se succéder des constructions architecturales époustouflantes qui feront de ce lieu ce qu’il est resté aujourd’hui.

Avant abbaye

Le Mont devient un lieu de pèlerinage unique et un incontournable de l’histoire de France. A présent, le Mont est classé au titre des Monuments Historiques en 1874 et est ainsi inscrit depuis 1979 au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. On y croise aujourd’hui encore une communauté mixte de moines et moniales, la Fraternité monastique de Jérusalem.

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L’abbaye se divise en deux parties : l’Abbatiale et la Merveille, auxquelles on accède par l’escalier Grand-Degré qui permet de se faufiler entre les hauts murs imposants de ces lieux chargés d’histoire.

Avant de pénétrer dans l’enceinte de l’abbaye, le parvis offre une vue incroyable sur la Baie. On aperçoit les côtes bretonnes, avec notamment le Mont-Dol qui se détache à l’horizon, sous le regard de l’archange Gabriel qui trône au sommet de la flèche.

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La Merveille est la partie qui accueillait les salles dédiées à la vie monastique, situées sur le côté nord de l’abbaye. Construite au XIII° siècle, elle se répartie sur 3 niveaux. La visite commence par la partie supérieure dans laquelle se trouve le cloître. Des arches s’ouvrent sur la Baie, captivant ainsi les visiteurs hagards qui déambulent dans ce lieu de méditation.

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En prolongement du cloître se trouve l’impressionnant réfectoire, dans lequel on imagine aisément les scènes de vie autour des longues tables de repas.

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En passant au niveau inférieur, on passe par la Salle des Hôtes avant de pénétrer dans la Salle des Chevaliers, tout aussi impressionnantes que celle qui la surplombe avec leurs imposants piliers et leurs volumes incroyables.

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Le Cellier et l’Aumônerie se trouvent quant à eux dans la partie inférieure de la Merveille. Ces deux salles sont aujourd’hui les parties d’accueil des visiteurs et se découvrent entre étroits couloirs et escaliers escarpés.

L’abbatiale a elle aussi quelque chose de tout à fait inédit. Dès le XI° siècle, le nombre de pèlerinages augmentant considérablement, l’abbaye s’agrandit en une nouvelle église de style romane. Située au même niveau que le cloître et le réfectoire, elle se trouve tout en haut de l’abbaye, sur le sommet du rocher. De mauvaises consolidations et un incendie ont  quelque peu modifié son aspect originel mais l’église conserve malgré tout sa grandeur. La lumière qui jailli des vitraux donne au lieu un charme incroyablement particulier.

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Après deux bonnes heures de visite à l’intérieur de l’abbaye, nous nous décidons à tester une adresse bien connue : le restaurant de la Mère Poulard. Fondé en 1888, ce restaurant est devenu un incontournable du Mont Saint-Michel.

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Annette Poulard, la célèbre cuisinière du Mont, servait au pèlerins dans son auberge, la fameuse omelette cuite au feu de bois. Née en 1851, Annette a une vingtaine d’années lorsque le Mont s’ouvre à nouveau au monde après avoir été une prison redoutée depuis la Révolution française de 1789. Annette épousera le fils du boulanger du Mont, qui l’accompagnera fidèlement tout au long de sa vie en conciliant amour de la cuisine et amour du Mont.

Le cadre est hyper joli, le spectacle des cuisiniers s’affairant dans une cuisine ouverte en tenue d’époque l’est aussi mais à 35 euros la formule la moins chère, il y a de quoi grincer des dents. L’omelette nature est à 25 euros pour 4 oeufs battus… A ce prix là, nous avons choisi d’en prendre une à partager pour deux (budget étudiant oblige). Alors oui, elle est bonne, légère et divinement mousseuse mais bon, vu la marge qu’ils doivent se faire sur les oeufs, on s’est dit que bon, il ne fallait pas non plus pousser mémé dans les orties !

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Nous avons ensuite profité de l’après-midi pour nous promener dans les ruelles et prendre quelques photos au milieu des vieilles pierres, des maisons presque millénaires et des goélands en faisant le tour des remparts.

C’est ainsi que l’on bénéficie d’une magnifique vue sur la baie, et d’un bon aperçu de la grandeur du Mont-Saint-Michel. On accède de plus aux différentes tours : la tour Gabriel, la tour des Pêcheurs, la tour du Roy, la tour de l’Arcade, la tour Denis, la tour Beatrix (ou de la Liberté), la tour Cholet, la tour Basse, la Demi-Lune, le Bastion de la tour Boucle et enfin, la tour du Nord… De quoi rapporter quelques jolis clichés.

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C’est galvanisés par l’air iodé du Mont Saint-Michel et ces quelques paysages magnifiques que nous sommes repartis, au milieu des prés-salés de la baie et laissant derrière nous le soleil couchant éclairer une dernière fois le rocher avant la tombée de la nuit. Sublime journée.

Chausse tes baskets, enfile ta casquette de capitaine, prends ton ciré et hop, en route pour le Mont, Edmond !

 

Le Déo Homemade c’est cool, aisselle !

Aisselle… Essaye… Ça y est tu l’as ?! Ouiiiii, c’est drôôôle ! Oh bôh on fait chacun avec nos capacités hein ! Bon. Plus sérieusement…

Pendant longtemps, des années pour être franche, j’ai cherché le parfait déodorant. Sans succès. Je ne vous mens pas, j’ai tout essayé : les antisudorifiques aussi appelés anti-transpirants, les déodorants (sans aluminiums), les pierres minérales, etc. Pas parce que je refoulais des aisselles (tel le cadavre d’un coyote en décomposition sur la route 66 en plein mois d’Août), mais plutôt parce qu’après un certain temps, mon corps s’habituait au produit et celui-ci arrêtait de fonctionner.

Résultat des courses, je me retrouvais à multiplier les déos, à collectionner les gammes afin d’être en mesure d’alterner toutes les deux semaines. Ça n’était ni minimaliste, ni économique, ni zéro déchet… Et je crois que ça a été encore pire lorsque j’ai décidé d’enrayer complètement l’usage des antisudorifiques.

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Je devais non seulement alterner encore plus régulièrement, mais aussi réappliquer du déodorant 2 voire 3 fois par jour… Sans compter que certains ne fonctionnaient tout simplement pas: l’horreur !

Le jour où j’ai compté 6 tubes de déodorants dans ma salle de bain, j’ai toussoté façon « Ah hem ! Ça va pas continuer comme ça ! » et j’ai commencé à chercher des petites solutions…

Le déodorant qui a changé ma vie en fait, c’est une recette maison de trois petits ingrédients que j’ai découverte complètement par hasard, sur un site américain nommé Wellness Mama (MA Bible 2.0), et que j’ai continué d’adapter à mes besoins au fil du temps. Comme dans la vie, je pars souvent du principe que « qui ne tente rien n’a rien », surtout depuis que je me suis lancée dans ma démarche Zéro Déchet, même si ça me mène parfois à des expériences plutôt douteuses, je me suis dit que j’allais tenter et que peut-être « sur un malentendu »… Tu connais la suite.

En plus, non seulement la recette ne contenait que des ingrédients naturels, mais en bonne Zero Waste Addict, j’avais déjà tous les ingrédients en ma possession. Techniquement, on pourrait même aller jusqu’à dire que ce déodorant est comestible… je pose ça là… si quelqu’un a un petit creux ou rêve secrètement de s’en beurrer des tartines!

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Voici donc les ingrédients miracles:

  • 6 c. à s. (90 ml) d’huile de noix de coco
  • 1/4 tasse (60 ml) de bicarbonate de soude
  • 1/4 tasse (60 ml) de fécule de maïs ou arrow-root
  • huiles essentielles (facultatif)

+ 1 petit pot en verre (en verre c’est mieux). Comme l’huile de coco fond à la chaleur, je vous déconseille de couler cette recette dans un tube, pour éviter les mauvaises surprises (comme de retrouver son déo naturel déversé sur le dernier TD à rendre…) ! Vécu. Ne riez pas, merci !

Au sujet des huiles essentielles, le choix est plutôt large. A titre tout à fait perso, je vous conseille de faire le choix d’au moins l’une ou l’autre de ces deux huiles essentielles qui sont réputées pour contrôler les odeurs corporelles. Il s’agit des huiles essentielles de Palmarosa (Cymbopogon martinii v.motia) et/ou de Sauge sclarée (Salvia sclarea). Ça, c’est disons, la base de la base. Après, si comme moi, vous aimez bien changer régulièrement de routine ou d’odeurs voici la liste non-exhaustive de mes combinaisons préférées:

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Avec l’Huile essentielle (HE) de Palmarosa comme base (4 gouttes suffisent):

  • HE de Palmarosa + Géranium Rosat
  • HE de Palmarosa + Ylang ylang + Calendula
  • HE de Palmarosa + Ylang ylang + Cèdre
  • HE de Palmarosa + Cèdre + Genévrier

Avec l’Huile essentielle de Sauge comme base (4 gouttes suffisent):

  • HE de Sauge + Rose + Vanille
  • HE de Sauge + Lavande
  • HE de Sauge + Citron + Lavande
  • HE de Sauge + Bergamote + Citron

Psssssssst !! Le mélange « Sauge, Citron, Lavande » est une petite tuerie !

Allez Albert, on noue son tablier, on retrousse ses manches, on se lave bien les mains, et c’est parti :

  1. Dans un bain-marie, faire fondre l’huile de coco.
  2. Une fois fondue, ajouter les « poudres », les huiles essentielles et bien mélanger.
  3. Versez votre Déo dans un petit contenant, le placer au frigo pour le faire figer plus rapidement (question que l’huile et les « poudres » ne se séparent pas) et hop !

Conserver à température pièce et appliquer sous les aisselles avec les doigts.

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J’en profite pour ajouter que certaines recettes proposent une version « été », l’idée c’est de mettre de la cire d’abeille en plus pour que le déodorant soit plus solide. SAUF QUE: la cire d’abeille, ça a tendance à tâcher les vêtements blancs à force et que l’on n’aime pas tous avoir d’immondes tâches jaunes sous les aisselles comme cet affreux prof de chimie crado que j’avais en 4e … VADE RETRO ! Donc ben, ça peut t’intéresser, enfin, sauf si tu es gothique biensûr !

Bref, si tu essayes l’une de mes petites versions n’hésites pas à me faire un retour, ça me fait toujours plaisir ! D’ailleurs même si tu as une recette qui diffère de la mienne ou que tu fais d’autres mélanges d’huiles essentielles, je serai ra-vie de savoir ça, je suis toujours un peu en quête de nouvelles inspirations !

Allez, bonne tambouille José !

Une ruine, des plâtres: le musée David d’Angers

Il existe un milliard de raisons d’apprécier la douceur angevine chère à Joachim du Bellay. L’une d’elle, c’est à mon sens le cadre de vie: cette alliance parfaite entre le tuffeau et l’ardoise, l’architecture moderne qui cohabite dans l’ancienne, la jeunesse qui foule le sol des musées, des expositions, des galeries parce qu’à moins de 26 ans ici, on ne paye pas son entrée. Fin de la page de Publicité. Oui oui, dès que l’on me parle d’Angers, le chauvinisme revient au galop…

N’empêche que la galerie David d’Angers est l’un des plus beaux musées français consacrés à la sculpture. Installé dans les ruines d’une ancienne église, dont les murs ont été couverts d’une toiture de verre, il présente l’œuvre du plus célèbre artiste que la ville ait donné à la France: David d’Angers. Portraitiste talentueux, sculpteur prolifique, il a réalisé au cours de sa carrière non moins de 700 statues et médaillons.

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Pierre-Jean David naît à Angers en 1788. Son père est sculpteur-ornemaniste et c’est auprès de lui que Pierre-Jean fait son premier apprentissage. Élève à l’école de dessin d’Angers, il est remarqué pour son talent : grâce à une bourse d’études, il peut poursuivre ses études à Paris, où il devient le protégé du peintre David (promis, aucun lien de parenté entre les deux !). Par contre, son parcours est très vite exemplaire : en 1811, quatre ans seulement après son entrée à l’École des Beaux-Arts, il remporte le prix de Rome qui lui ouvre les portes de l’Italie.

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Son séjour de quatre ans à la Villa Médicis sera une étape décisive dans sa formation. Au contact des antiques, il formera son goût, perfectionnera sa technique et à son retour en France, PAF ! Les grandes commandes se succèdent : il réalise de nombreux monuments publics, comme la Statue de Gutenberg pour la ville de Strasbourg, le Grand Condé pour le pont Louis XVI (actuel pont de la Concorde) à Paris, Jean Bart pour la ville de Dunkerque…

David d’Angers, c’est un peu aussi le mec qui avait créé le Panthéon avant l’heure. D’ailleurs, toute son oeuvre est orientée autour de l’idée de la glorification des grands hommes et cela s’illustre particulièrement dans la galerie de portraits qu’il a réalisée.

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En plus d’être un excellent physionomiste, David d’Angers représentera par centaines ses contemporains en buste ou en médaillons. Si la plupart des oeuvres résultent de commandes, la plupart restent néanmoins des hommages personnels, motivés par l’admiration qu’il portait aux plus grands esprits de son temps. Dans le Panthéon personnel de David d’Angers, on trouvera d’ailleurs Victor Hugo, Armand Carrel, Goethe, Niccolo Paganini…

Des portraits saisissants de vérité, enregistrant les moindres caractéristiques du modèle. D’ailleurs, petite anecdote: David d’Angers, s’est beaucoup intéressé à la phrénologie, une « science » très très à la mode au début du XIXe siècle, qui consistait à déduire le caractère des hommes à partir des formes de leur crâne. Aussi n’hésitait-il pas à palper ses modèles et à accentuer les protubérances crâniennes pour mettre en avant leurs qualités morales. Imaginez trente secondes le mec tâter le ciboulot de Victor Hugo…

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Le choix des personnages dont il décide de faire le portrait reflète aussi la sensibilité politique du sculpteur qui est un fervent républicain. L’artiste n’hésitera d’ailleurs pas à refuser les commandes de personnages illustres qui vont à l’encontre de ses convictions personnelles.

Dans les années 1830, il s’illustre en imposant les personnalités représentées sur le fronton du Panthéon (lui qui en rêvait tant de son Panthéon !), ce qui lui vaut de s’attirer le courroux du pouvoir, mécontent de voir apparaître quelques personnages de l’opposition. La sculpture sera installée sans inauguration et plus jamais la direction des Beaux-Arts ne fera appel à lui.

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Reconnaissant envers sa ville pour le soutien qu’elle lui a apporté dans sa jeunesse, l’artiste enverra régulièrement ses plâtres d’atelier à Angers, où ils enrichiront les collections du musée. Servant de modèles aux œuvres originales en marbre ou en fonte, les plâtres d’atelier étaient normalement destinés à être détruits. Après la mort de l’artiste, en 1856, la famille du sculpteur offre à la ville une grande partie de son fonds d’atelier. C’est ainsi que les musées angevins se trouvent à la tête de la plus importante collection d’œuvres de David d’Angers : 250 plâtres, 3900 dessins, 700 médaillons…

Depuis 1984, cette collection est donc présentée dans un écrin exceptionnel, qui fait tout le charme du musée : l’ancienne abbatiale Toussaint. Une église gothique, qui appartenait à l’une des abbayes les plus puissantes de la ville. À la Révolution, l’église est confisquée. Faute d’entretien, elle se dégrade rapidement, et en 1815, ses voûtes s’effondrent. Pendant près d’un siècle et demi, les ruines resteront en l’état, avant qu’un ambitieux projet de restauration ne soit proposé. Celui-ci consistera à couvrir les murs d’une toiture de verre, qui baigne la nef d’une belle lumière dorée et met remarquablement en valeur les plâtres de l’artiste.

Foncez !

Cap sur Saint-Malo, la cité corsaire !

Petite, je me disais déjà qu’un jour, lorsque je serai grande et que j’aurai un job si bien rémunéré que je serai imposable à l’ISF (oui oui, on y croit !), j’achèterai un immense loft de rêve à Saint-Malo intra-muros… Depuis le temps, mon amour n’a fait que croître pour cette cité corsaire au caractère bien trempé et au charme fou.

Que l’on soit enfant ou adulte, à Saint-Malo, cette impression de pérégriner sur cet immense terrain de jeu restera toujours aussi immuable: bien à l’abri derrière les remparts qui donnent un peu l’impression de pénétrer dans une forteresse imprenable recelant des trésors cachés, on découvre tout un réseau de petites rues étroites et pavées, très animées et commerçantes, et des bâtiments à l’architecture remarquablement conservée. Armateurs, pêcheurs, écrivains, tous semblent encore présents en ces murs et continuent d’animer la ville et ses alentours, Saint-Malo a cette capacité magique de pouvoir nouer histoire et imaginaire, passé avec présent, le rusticité des murs avec le raffinement de ce cadre de vie…

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L’intra-muros, c’est « petit, mais puissant » comme dirait cette bonne vieille Pub Skip. En fait, une fois que l’on a assimilé le nombre de portes qui permettent d’entrer dans la ville et que deux grandes rues majeures la traversent de part en part, on peut y vagabonder des heures sans peur de se perdre. Pour prendre un peu de hauteur, on emprunte un des escaliers et hop, d’un coup d’un seul, on se retrouve sur les remparts, pour une balade qui vaut le détour.

Le petit miracle ? Ces plages qui sont littéralement adossées aux remparts et qui permettent de passer en deux temps trois mouvements, du shopping rue de Dinan à la plage du Bon Secours. On laisse tomber ses achats et ses soucis sur le doux sable malouin, on retrousse son jean et on fonce mettre les pieds dans l’eau. La mer, il n’y a que ça de vrai !

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Bref, tout ça pour dire qu’il y a peu de temps, je suis retournée dans cette ville et je me suis souvenue de tous les spots que j’adorais plus jeune. Le petit plus c’est que même en période estivale, on peut profiter de ceux-ci en continuant de se sentir privilégié, malgré le ramdam des touristes venus de la capitale pour fouler le sable malouin… Le secret c’est juste, tout simplement d’adopter le bon timing (et d’avoir un réveil). Alors, moussaillon, paré pour l’aventure ?!

9h00: Promenade sur la digue de Rochebonne

L’idée, pour avoir de jolis clichés type carte postale ou shooting de pro’ à Saint-Malo, c’est de profiter des petits matins. Pourvu que l’on y soit assez tôt, la lumière sera incroyable, quoi de mieux en plus que de shooter au milieu des façades des maisons bourgeoises malouines qui bordent la promenade ?! D’un côté Saint-Malo intra-muros, de l’autre la pointe de la Varde. J’adore le quartier de Rochebonne de bon matin, je trouve le lieu inspirant. Les touristes n’affluent pas à une heure si matinale et on ne retrouve que les habitués: les coureurs du dimanche, les retraités fanas des randos matinales qui profitent de la fraîcheur, des propriétaires de chiens… On a le sentiment d’assister au réveil de la ville et de commencer à voir s’agiter tout ce petit monde merveilleux.

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9h30: Balade sur la chaussée du Sillon

Juste au-dessus de la plage, encore extrêmement calme au petit matin, le Sillon est l’endroit bordé d’un immense mur de protection, sur lequel les impressionnantes vagues des grandes marées viennent se briser, un lieu qui a quelque chose d’inédit, de sauvage, et d’incroyablement mystérieux à la fois. En longeant ce fameux mur, on peut apercevoir les si typiques brises-lames de Saint-Malo.

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10h00: Arrivée à Saint Malo intra-muros

Au pied de la ville close, la ville est si calme au petit matin, les rues sont encore assez peu envahies de touristes, pendant que la ville se remplit doucement j’ai rendez-vous pour une pause café dans l’une des adresses malouines les plus emblématiques: « La Java Café », qu’ici on nomme plus communément le « Café du Coin d’en Bas de la Rue du Bout de la Ville d’en face du Port ». J’adore ce lieu: aussi merveilleux qu’incroyable, on ne sait plus trop où donner du regard, des milliers de détails continuent de nous surprendre. Ce café atypique est un voyage dans le temps: ambiance brocante pour les murs, bistrot des années 1800’s pour la casquette gavroche des serveurs, cour de récréation pour les balançoires qui servent d’assises face aux comptoirs: impossible de rester indifférent !

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11h00: Instant shopping dans les ruelles malouines

A Saint-Malo, il y a tout un tas d’enseignes bien connues, comme Saint James, ou Petit Bateau… et puis il y a aussi ces petites pépites « que l’on ne trouve pas ailleurs » et qui font le charme des ruelles de la ville intra-muros.

Des pépites comme Lostmarc’h, la petite boutique située 8 rue Sainte-Marguerite, « l’apothicaire des océans » qui vend des parfums mixtes, des senteurs pour hommes et femmes et des bougies inspirées des odeurs d’enfance du créateur.

Craquage assuré aussi dans la petite boutique Siliac, située au 10 rue de la Herse, où l’on trouve de magnifiques bijoux de créateurs d’une finesse incroyable et dont chaque modèle est l’interprétation d’une oeuvre d’art à part entière…

12h30: L’heure du déjeuner 

Comme l’heure du déjeuner approchait, j’ai pu aller tester la crêperie Grain Noir qui se trouve dans la même rue que la petite boutique Siliac. Le plus ? Des farines biologiques, des produits locaux, une déco cosy-trendy… L’impression d’être « un peu à la maison », la cuisine est un régal, le service est excellent et l’équipe est incroyablement sympathique et aux petits soins !

18h00: La plage du Bon Secours

La plage commence à se vider, les terrasses à se remplir et c’est l’heure idéale pour profiter du sable et de la piscine d’eau de mer, le soleil ne tape plus et l’eau est encore assez douce pour pouvoir aller se baigner en toute sécurité. On prolonge la soirée en attendant le coucher de soleil pour lequel on sera aux premières loges.

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Et vous ? Dites-moi tout ! Quels sont vos astuces pour évider la masse touristique et profiter de la ville à cette période ? Vos plus belles découvertes à Saint Malo ? Vos boutiques préférées ?